Résumé de la décision
M. A..., ancien président du tribunal administratif de Nice, a saisi le juge des référés du Conseil d'État afin de suspendre l'exécution d'une charte de déontologie de la juridiction administrative adoptée par le vice-président du Conseil d'État. Il conteste particulièrement le dernier alinéa du paragraphe 16, qui impose aux anciens chefs de juridiction devenus avocats de ne pas présenter de requêtes ou de mémoires devant la juridiction qu'ils ont présidée pendant dix ans. La demande de M. A..., au regard de la condition d'urgence, a été jugée non fondée, entraînant le rejet de sa requête.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence : M. A... affirme que la restriction de sa capacité à exercer son métier d'avocat constitue une atteinte à sa liberté d'entreprendre et au libre choix de l'avocat. Cependant, le juge a estimé que cette situation ne caractérisait pas un état d'urgence justifiant des mesures rapides.
- Citation pertinente : "il ne saurait être regardé comme caractérisant ainsi une situation d'urgence qui [...] justifierait que le juge des référés fasse usage à très bref délai des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions."
2. Constitutionnalité et droits fondamentaux : M. A... conteste également que la décision litigieuse méconnaît plusieurs droits fondamentaux tels que le droit à un recours effectif et à un tribunal impartial, garantis par des textes comme la Convention européenne des droits de l'homme et la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
- Citation pertinente : "la décision litigieuse méconnaît le droit à un recours effectif et le droit à un tribunal impartial garantis par les articles 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs textes de loi pour justifier le rejet de la requête de M. A.... Parmi eux :
- Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale, mais seulement si l'urgence est justifiée.
- Citation : "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale."
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Il permet au juge des référés de rejeter une requête sans instruction ni audience si l'urgence n'est pas établie.
- Citation : "Le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie."
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen - Article 16 : Bien que M. A... cite cet article, le juge conclut que ses arguments ne démontrent pas une violation manifeste, renforçant l'idée que la restriction de la charte de déontologie ne constitue pas une atteinte grave et manifestement illégale.
En somme, la décision met en avant que, bien que les arguments de M. A... touchent des questions fondamentales liées aux droits et à la déontologie, ils n'ont pas réussi à établir une situation d'urgence qui aurait justifié une intervention rapide du juge des référés.