Résumé de la décision
M. B... a saisi le juge des référés du Conseil d'État pour demander la suspension de la décision du ministre des Outre-mer du 19 mai 2021, qui impose des motifs impérieux pour les déplacements entre les Outre-mer et la France métropolitaine, en particulier pour les personnes non vaccinées. M. B... affirme que cette mesure méconnaît le principe d'égalité entre les citoyens et la liberté de circuler. Cependant, le Conseil d'État a rejeté sa requête, indiquant qu'elle était irrecevable en raison de l'absence de requête distincte en annulation, conformément aux dispositions des articles L. 521-1 et R. 522-2 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : Le Conseil d'État a souligné que pour ordonner la suspension d'une décision administrative, il doit y avoir une requête distincte en annulation ou en réformation, ce qui n'était pas le cas ici. C'est une condition essentielle pour la recevabilité de la demande en référé.
> "En l'absence de recours distinct sur le fond, la présente requête en référé présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative... est manifestement irrecevable."
2. Conditions d'urgence et de légalité : Bien que M. B... ait avancé des arguments relatifs à l'égalité et à la liberté de circulation, le Conseil d'État a considéré que les conditions d'urgence pour la suspension n'étaient pas remplies.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de suspendre une décision administrative lorsque l'urgence est justifiée et qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
> "Quand une décision administrative... fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés... peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision... lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision."
2. Article R. 522-2 du code de justice administrative : Cet article stipule que les conclusions tendant à la suspension doivent être présentées par requête distincte, ce qui souligne la nécessité de suivre la procédure correcte pour la recevabilité.
> "À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative... doivent être présentées par requête distincte... accompagnées d'une copie de cette dernière."
En somme, cette décision du Conseil d'État met en exergue l'importance de suivre les procédures judiciaires adéquates pour garantir la recevabilité des demandes, en particulier dans les affaires administratives où l'urgence et la légalité doivent être établies dans le respect des formes légales.