Résumé de la décision
La société France élévateur, anciennement dénommée SARL MT Trading, a demandé l'annulation d'un arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy qui avait rejeté sa demande de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés suite à une correction de la valeur d'enregistrement d'actions. L'administration fiscale avait rehaussé le bénéfice imposable en raison de la minoration délibérée du prix d'acquisition des titres d'une société non cotée. Le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour d'appel en raison d'une erreur de droit dans l'évaluation de la valeur vénale des titres, en invalidant la méthode de calcul utilisée par l'administration. Il a également décidé de renvoyer l'affaire à la cour d'appel et d'ordonner le versement d'une somme de 3 000 euros à la société France élévateur.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit dans l'évaluation de la valeur vénale : Le Conseil d'État a constaté que la cour administrative d'appel avait jugé que l'évaluation par l'administration fiscale des titres de la SA société nouvelle AB Services était conforme aux exigences légales. Cependant, "l'évaluation faite par l'administration fiscale de la valeur vénale... avait permis d'obtenir le résultat le plus proche possible de celui qui résulterait du jeu de l'offre et de la demande" était entachée d'erreur de droit car elle combinait inappropriément plusieurs méthodes d'évaluation.
2. Critères de l'évaluation : Le Conseil d'Etat rappelle que "la valeur vénale réelle de titres non cotés... doit être appréciée compte tenu de tous les éléments" et qu'il est préférable de se baser sur la valeur des transactions récentes pour des titres similaires. En l'absence de telles transactions, l'administration peut se référer à d'autres méthodes d'évaluation, mais ne doit pas mélanger ces méthodes entre elles.
Interprétations et citations légales
Le Conseil d'État s'appuie sur des principes établis dans le Code général des impôts, en particulier sur l'évaluation de la valeur vénale des titres. La décision souligne notamment les critères d'appréciation de la valeur :
- Code général des impôts - Article 777 (sur l'évaluation des titres de sociétés) : Cet article stipule que la valeur des titres doit principalement se fonder sur les transactions intervenues sur des titres comparables. Ceci est renforcé par la jurisprudence qui exige que l'administration démontre avec précision comment elle a abouti aux résultats de son évaluation.
- Principes de droit administratif : Le Conseil d'État rappelle également le principe selon lequel "la combinaison entre la méthode par comparaison et l'une ou plusieurs des méthodes alternatives" est prohibée. Cela fait écho à une jurisprudence antérieure qui précise que les méthodes d'évaluation doivent être appliquées rigoureusement pour éviter des estimations erronées.
Cette décision pose des clarifications cruciales concernant les méthodes d'évaluation des titres dans le cadre des questions d'impôt sur les sociétés, indiquant la nécessité de respecter les procédures d'évaluation établies pour obtenir une valeur juste et défendable en cas de contrôle fiscal.