Résumé de la décision
La décision concerne la requête de la présidente de l'assemblée de la province Sud de Nouvelle-Calédonie, qui cherchait à savoir si deux membres de cette assemblée, MM. D… A… et B… C…, étaient en situation d'incompatibilité en raison de leur fonction au sein du conseil d'administration de la société Eramet. Le Conseil d'Etat a statué que, faute de position du haut-commissaire de la République sur la question de compatibilité, la présidente n'était pas recevable à demander au Conseil d'Etat d'apprécier cette situation. Ainsi, la requête a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Compétence du haut-commissaire : Le Conseil d’Etat a souligné que, pour apprécier la compatibilité des fonctions d'un membre de l'assemblée de province avec son mandat, le haut-commissaire devait d'abord examiner la situation. Ce point est crucial car il fixe un cadre de références administratives avant toute intervention du Conseil d’Etat :
> « Pour l’appréciation de la compatibilité des fonctions ou activités d’un membre d’une assemblée de province de Nouvelle-Calédonie... il appartient d’abord au haut-commissaire de la République de procéder à l'examen de la question. »
2. Absence de position du haut-commissaire : En l'absence de toute décision ou position prise par le haut-commissaire concernant la compatibilité des fonctions de MM. D… A… et B… C…, la présidente de l'assemblée de province ne pouvait pas saisir le Conseil d'Etat, ce qui a mené au rejet de la requête :
> « Il ne résulte pas de l'instruction que le haut-commissaire de la République ait pris position sur la compatibilité... Il s’ensuit que la présidente de cette assemblée n'est pas recevable à saisir le Conseil d’État. »
Interprétations et citations légales
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1. Loi Organique n° 99-209 du 19 mars 1999 - Article 197
Cet article énonce clairement les procédures à suivre en cas de démission d’un membre de l’assemblée d’une province, notamment :- La nécessité pour le membre concerné de démissionner ou de mettre fin à sa situation d'incompatibilité.
- L'obligation d'une déclaration d'activités au haut-commissaire de la République pour évaluer la compatibilité, ce qui met en avant la vigilance quant à la séparation des mandats.
Citation pertinente :
> « [...] le haut-commissaire de la République examine si les activités ainsi déclarées sont compatibles avec le mandat de membre de l'assemblée de province ou du congrès. »
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2. Rôle de la saisine du Conseil d'Etat
L'intervention du Conseil d’Etat est conditionnée à une première évaluation par le haut-commissaire, ce qui reflète un cadre de contrôle administratif avant de passer à l’étape contentieuse. Cela signifie qu’il existe une hiérarchie dans le traitement des questions de compatibilité et de démission :> « [...] si le haut-commissaire de la République, ayant procédé à cet examen et ayant un doute, le saisit... »
Conclusion
En somme, la décision souligne l'importance du rôle du haut-commissaire en matière de compatibilité des mandats et des fonctions, limitant ainsi les interventions du Conseil d’Etat à des cas où une évaluation préalable a été effectuée. Cela montre la nécessité d’une coordination et d’un respect des processus administratifs pour assurer la légitimité et la transparence des mandats publics.