Résumé de la décision
La décision concerne un litige entre l'association France nature environnement et le tribunal administratif de Paris au sujet de l'accès à l'avis émis par le Conseil d'Etat concernant un projet de décret relatif à l'évaluation environnementale. Le tribunal administratif avait précédemment jugé que le secret des délibérations du Gouvernement interdisait la communication des documents demandés. Cependant, le Conseil d'Etat a annulé ce jugement, concluant que, bien que les avis du Conseil d'État ne soient pas communicables en raison du secret des délibérations, les informations relatives à l'environnement qu'ils pourraient contenir doivent être communiquées dans un cadre précis. L'affaire a été renvoyée devant le tribunal administratif de Paris pour un nouvel examen.
Arguments pertinents
1. Droit d'accès à l'information environnementale : La décision rappelle que "Toute personne a le droit... d'accéder aux informations relatives à l'environnement", fondée sur l'article 7 de la Charte de l'environnement et l'article L. 124-1 du Code de l'environnement. Ce droit est essentiel pour garantir la transparence concernant les questions environnementales.
2. Notion de secret des délibérations : Le tribunal a statué que le secret des délibérations du Gouvernement ne devrait pas faire obstacle à la communication des informations d'environnement contenues dans les avis du Conseil d'Etat, effectuant une distinction claire entre le secret sur les délibérations et le droit d'accès à l'information. L'avis du Conseil d'Etat, bien qu'il puisse ne pas être communicable en tant que tel, peut pourtant contenir des informations importantes relatives à l'environnement qui doivent être accessibles.
Interprétations et citations légales
1. Droit d'accès à l'information : Selon le Code de l'environnement - Article L. 124-1, "Le droit de toute personne d'accéder aux informations relatives à l'environnement... s'exerce dans les conditions définies par les dispositions du titre Ier de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978". Cet article est crucial pour pouvoir revendiquer l'accès à des informations pertinentes pour la protection de l'environnement.
2. Secret des délibérations : Les articles L. 311-5 à L. 311-8 du Code des relations entre le public et l'administration précisent que "Ne sont pas communicables... les avis du Conseil d'Etat" (L. 311-5, 1°). Toutefois, l'article L. 124-4 du Code de l'environnement introduit un équilibre, permettant la communication d'informations relatives à l'environnement, même si elles se trouvent dans des avis non communicables.
3. Rôle du Premier ministre : Le jugement souligne qu'il revient au Premier ministre "d'apprécier au cas par cas si la préservation du secret des délibérations du Gouvernement est de nature à faire obstacle à leur communication", ce qui établit une procédure discriminante pour l'évaluation des demandes de communication d'informations.
En résumé, la décision du Conseil d'Etat insiste sur l'importance de l'accès à l'information environnementale tout en définissant clairement les contours du secret des délibérations gouvernementales, ouvrant ainsi la voie à une meilleure transparence institutionnelle.