Résumé de la décision
La société Cofitem Cofimur a contesté le montant des cotisations de taxe foncière et de taxe spéciale d'équipement imposées pour l'année 2011 concernant son hôtel situé à Roissy-en-France. Elle a saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui a rejeté sa demande. La société se pourvoit alors en cassation contre ce jugement. La Cour a annulé le jugement du tribunal, estimant qu'il y avait eu une inexacte application des règles d'évaluation des biens immobiliers, et a renvoyé l'affaire au tribunal administratif tout en condamnant l'État à verser une somme de 2 500 euros à la société au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Évaluation de la valeur vénale des immeubles :
La cour a souligné que l'article 324 AB et l'article 324 AC de l'annexe III au code général des impôts précisent que les valeurs vénales doivent être déterminées à partir de données pertinentes concernant les actes de propriété, à condition que celles-ci soient proches de la date de référence du 1er janvier 1970.
2. Proximité temporelle des transactions :
En rejetant la pertinence des transactions de 1999 pour établir l'évaluation de l'immeuble, la cour a considéré que cet écart de vingt-neuf ans par rapport à la date de référence est excessif et ne permet pas de considérer ces transactions comme suffisamment proches. La décision souligne que "l'administration n'est pas à même de proposer des éléments de calcul fondés sur l'une ou l'autre de ces méthodes", entraînant ainsi une obligation de suivre les orientations légales établies.
Interprétations et citations légales
Les articles cités et leur interprétation jouent un rôle central dans la décision :
- Code général des impôts - Article 324 AB et 324 AC :
Ces articles stipulent que l'évaluation de la valeur vénale des immeubles doit se baser sur des données ayant un lien temporel étroit avec la date de référence. La décision affirme : "il incombe à l'administration fiscale de proposer des évaluations fondées sur les deux autres méthodes", soulignant que le tribunal a mal appliqué ces dispositions.
- Article L. 761-1 du code de justice administrative :
Cet article permet à la juridiction d'ordonner à l'État de rembourser les frais engagés par le contribuable. La Cour a décidé de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros, ce qui montre une reconnaissance des coûts que le contribuable a dû supporter dans le cadre du jugent qu'il a contesté.
La cour a donc condamné le tribunal administratif pour son évaluation erronée, renforçant ainsi l'importance de la rigueur dans l'application des dispositions fiscales en matière d'évaluation foncière.