Résumé de la décision :
La commune de Bois d'Arcy a sollicité la réouverture du parking du centre pénitentiaire local pour les familles et visiteurs des détenus, en raison d'un manque de stationnement. Le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a décidé de suspendre la décision implicite de la garde des sceaux rejetant cette demande, et d'enjoindre à la garde des sceaux de permettre le stationnement dans un délai d'un mois sous astreinte. La garde des sceaux a contesté cette ordonnance en cassation. La haute autorité a annulé l'ordonnance du 12 juillet 2019, rejetant la demande de la commune pour n'être pas convaincue par les arguments qui dénonçaient une erreur manifeste d'appréciation.
Arguments pertinents :
1. Erreur de droit du juge des référés : Le juge a commis une erreur en se basant uniquement sur la situation extérieure à l'établissement, sans prendre en compte les raisons de sécurité justifiant le refus d'ouverture du parking. Le jugement affirme : « En déduisant exclusivement de la situation existant aux abords du centre pénitentiaire [...] que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation était de nature à susciter un doute sérieux sur la légalité de ce refus, [...] le juge des référés [...] a entaché l'ordonnance d'erreur de droit. »
2. Absence de doute sérieux sur la légalité de la décision : Les moyens avancés par la commune n'ont pas réussi à établir un doute sérieux quant à la légalité de la décision de la garde des sceaux. Ainsi, même sans vérifier la condition d'urgence, la demande a été jugée irrecevable.
Interprétations et citations légales :
1. Article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article permet aux juges des référés d'ordonner des mesures d'urgence. Dans ce cas, la décision d'accorder une suspension était incorrectement fondée sur une appréciation des conditions de sécurité. Cela a mis en lumière que, selon le juge administratif, des raisons sécuritaires peuvent prévaloir sur les préoccupations logistiques.
2. Article L. 821-2 du Code de justice administrative : Cet article stipule les conditions de procédure de référé et insiste sur l'importance d'établir un doute sérieux sur la légalité d'une décision pour que celle-ci puisse être suspendue. En l'absence de tels arguments valides de la part de la commune de Bois d'Arcy, le rejet de leur demande était justifié : « Aucun des moyens invoqués par la commune de Bois d'Arcy n'est de nature à susciter un doute sérieux sur la légalité de la décision du 21 mai 2019. »
La décision du tribunal montre ainsi l'importance d'une appréciation rigoureuse des motivations fournies par l'administration, surtout lorsqu'il est question de sécurité publique.