Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société Vitherm France contestait une décision du tribunal administratif de Nancy en date du 16 juillet 2019 concernant des cotisations de taxe foncière sur un bâtiment dont la valeur locative avait été déterminée selon les règles applicables aux établissements industriels. La société soutenait que le jugement était entaché d'irrégularité, car le rapporteur public n'avait pas prononcé de conclusions lors de l'audience. Le conseil d'État a annulé le jugement en raison de cette irrégularité procédurale et a renvoyé l'affaire au tribunal administratif. De plus, il a ordonné à l'État de verser une somme de 1 000 euros à la société au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Irrégularité procédurale : Le conseil d'État a conclu que le rapporteur public ne pouvait être dispensé de prononcer des conclusions dans un litige relatif à la taxe foncière sur des biens dont la valeur locative avait été déterminée conformément à l'article 1496 du code général des impôts. C'est un point crucial, car cela justifie l'annulation du jugement. Selon l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, bien que le rapporteur public puisse parfois être dispensé de conclusions, « le rapporteur public ne peut être dispensé de prononcer des conclusions dans un litige relatif à la taxe foncière [...] d'une part à la valeur locative non déterminée ».
2. Fondement de la demande : La société a fait valoir que la valeur locative du bâtiment avait été établie selon des normes spécifiques, rendant ainsi la dispense de conclusions inapplicable dans ce cas. Le jugement a été annulé sans nécessité d'examiner d'autres moyens, se concentrant uniquement sur cette irrégularité procédurale.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs dispositions légales clés :
- Code de justice administrative - Article R. 732-1-1 : Cet article stipule que, dans certains contentieux, « le président de la formation de jugement ou le magistrat statuant seul peut dispenser le rapporteur public [...] de prononcer des conclusions [...] ». Cependant, il précise également que dans des litiges relatifs à des taxes où il existe une évaluation selon des normes établies, le rapporteur public ne peut être dispensé de cette obligation : « le rapporteur public ne peut être dispensé de prononcer des conclusions dans un litige relatif à la taxe foncière [...] où la valeur locative a été déterminée. »
- Code général des impôts - Article 1499 : Cet article fixe les règles d'évaluation pour les établissements industriels. L'application de ces règles a été un facteur déterminant dans l'affaire, soulignant la nécessité d'un prononcé de conclusions par le rapporteur public.
La décision souligne ainsi l'importance d'un respect strict des procédures prévues par le droit administratif, en particulier lorsqu'il s'agit d'enjeux fiscaux qui peuvent affecter les droits des contribuables. En annulant le jugement et en renvoyant l'affaire, le conseil d'État réaffirme son engagement à garantir une procédure équitable et à respecter les droits des parties en présence.