Résumé de la décision
M. B... conteste une circulaire du garde des sceaux, qui limite l’âge des juges consulaires au tribunal de commerce à soixante-quinze ans, en soutenant que cette mesure porte atteinte à son inamovibilité et à ses droits en vertu du principe de non-discrimination lié à l'âge. Il demande la suspension de cette mesure, son maintien à son poste, et le remboursement des frais de justice. Cependant, le juge des référés rejette sa demande en considérant que la circulaire ne constitue pas une atteinte grave et manifestement illégale à ses droits, conformément aux dispositions législatives en vigueur.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence : M. B... avance que la condition d'urgence est remplie, car la circulaire entraîne son remplacement "in futurum" et l'empêche d'être affecté à de nouveaux dossiers. Toutefois, le juge souligne que l’urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, n'est pas avérée.
2. Attaque contre l'inamovibilité : M. B... argue que la circulaire viole les principes d'inamovibilité des magistrats et de non-discrimination basée sur l’âge. Le tribunal déclare que la circulaire se limite à appliquer des dispositions législatives existantes sans introduire d'injustices ajoutées.
Interprétations et citations légales
- Article L. 521-2 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d’ordonner des mesures nécessaires pour sauvegarder une liberté fondamentale lorsque celle-ci est atteinte de manière grave et manifestement illégale. Dans la décision, il est précisé que la demande de M. B... ne remplit pas cette condition d'urgence, ce qui est un critère fondamental pour l'acceptation d'une telle requête.
- Article 95 de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 : Cet article a introduit la limitation de l'âge pour les juges consulaires. Le juge des référés se réfère à cet article pour justifier que la circulaire simplement met en œuvre une loi existante et qu'elle ne crée pas de nouvelle règle contraires aux droits des magistrats.
- Article L. 522-3 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge de rejeter une requête sans instruction contradictoire si elle est jugée manifestement irrecevable, ce qui est le cas ici selon le tribunal. Cela souligne l'importance de la compétence du juge des référés pour statuer rapidement sur des questions d'urgence et de légitimité.
En conclusion, la décision du tribunal de commerce de Bobigny atteste que les dispositions législatives en cours sont respectées et que M. B... ne peut pas revendiquer une inamovibilité contre des lois établies, spécialement concernant l'âge.