Résumé de la décision
M. B. conteste une circulaire qui prévoit son remplacement "in futurum" au-delà du 31 décembre 2017, arguant qu'elle crée un doute sérieux sur sa légalité au regard du principe de non-discrimination basé sur l'âge dans le droit de l'Union européenne. Le juge des référés, après avoir analysé la situation, a rejeté la requête de M. B. pour absence d'urgence et pour le fait que la circulaire ne contenait aucune disposition susceptible d'entraîner sa suspension.
Arguments pertinents
1. Urgence et doute sur la légalité : M. B. soutenait que l'urgence était justifiée par la nature irrévocable de la circulaire qui mettait fin à son mandat avant la fin de l'année 2017. L'article L. 521-1 du code de justice administrative stipule que pour suspendre une décision administrative, "l'urgence [doit] justifier" cette suspension et qu'il faut un "doute sérieux quant à la légalité de la décision".
2. Nature de la circulaire : La décision précise que la circulaire contestée n'introduit pas de nouvelles mesures mais applique des dispositions législatives déjà établies par la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016. Cela signifie que la circulaire n'a pas un fondement juridique suffisant pour justifier une suspension.
Interprétations et citations légales
- Le code de justice administrative :
- Article L. 521-1 : Établit les conditions de suspension de l'exécution d'une décision administrative, en précisant que "l'urgence [doit] justifier", et qu'il faut faire état d'un "doute sérieux quant à la légalité de la décision".
- Mise en application de la loi :
- La loi n° 2016-1547 et le code de commerce - Article L. 723-7, dans ses nouvelles dispositions ajoutées, indiquent que "Les juges des tribunaux de commerce ne peuvent siéger au-delà de l'année civile au cours de laquelle ils ont atteint l'âge de soixante-quinze ans". M. B. cherche à suspendre l’application d’une circulaire qui ne fait que mettre en œuvre une loi adoptée, ce qui ne constitue pas une décision qui peut être suspensée dans le cadre de l'urgence.
Ce raisonnement se base sur l’idée que la circulaire, étant une simple application de la loi, ne peut être contestée pour ses effets lorsqu’elle ne prend pas elle-même des décisions créatrices d’effets juridiques nouveaux.
Conclusion
La décision du juge est principalement fondée sur l'absence d'un doute sérieux quant à la légalité de la circulaire, ainsi que sur le fait que celle-ci ne crée pas de nouvelles obligations ou interdictions qui nécessiteraient la suspension. Le juge des référés a donc rejeté la requête de M. B., constatant que les conditions posées par le code de justice administrative n’étaient pas réunies.