Résumé de la décision
La décision concerne un pourvoi en cassation déposé par la société des Sables contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes, qui avait confirmé le rejet par le tribunal administratif de Nantes de sa demande d'annulation d'une délibération du conseil municipal de Pornic. Cette délibération, adoptée le 11 mars 2016, a introduit des interdictions de construction dans certaines zones, notamment des cônes de vue et des zones non aedificandi, ayant rendu inconstructibles des parcelles détenues par la société. La plus haute juridiction administrative a annulé l'arrêt précédent, concluant que les interdictions imposées par la commune n'étaient pas justifiées et ont commis une erreur de droit.
Arguments pertinents
1. Erreurs de droit : Le Conseil d'État a souligné que la cour administrative d'appel n'a pas correctement examiné si les interdictions de construction étaient le seul moyen de réaliser les objectifs de valorisation des perspectives sur le littoral et de préservation de la frange littorale. Il a affirmé que « les interdictions, qui dérogent à la vocation d'une zone urbaine, doivent être proportionnées et ne peuvent excéder ce qui est nécessaire à l'objectif recherché. »
2. Protection des paysages : Le Conseil d'État a rappelé que les règlements des plans locaux d'urbanisme peuvent identifier des éléments de paysage à protéger, mais ces prescriptions doivent être équilibrées et justifiées. Il a mis en avant que « l’interdiction de toute construction ne peut être imposée que s'il s'agit du seul moyen permettant d'atteindre l'objectif poursuivi. »
3. Financement des frais de justice : Le Conseil a également statué que la commune de Pornic devait verser des frais à la société des Sables en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sur la base du fait que la société n'était pas la partie perdante dans cette affaire.
Interprétations et citations légales
- Code de l'urbanisme - Article L. 151-19 : Cet article permet aux règlements des plans locaux d'urbanisme d'identifier et de protéger des éléments paysagers pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural, ainsi que de définir des prescriptions nécessaires à leur préservation. En se fondant sur cet article, le Conseil d'État a mis en lumière que les réglementations doivent rester dans des limites raisonnables pour ne pas nuire à la vocation d'une zone urbaine.
- Code de l'urbanisme - Article L. 151-23 : Cet article aborde la protection des éléments de paysage pour des motifs écologiques, renforçant l'idée que la localisation et la délimitation de zones protégées doivent être justifiées et proportionnées.
La décision a ainsi apporté un éclairage sur la nécessité pour les autorités locales de justifier des restrictions à la construction par des preuves que celles-ci sont indispensables pour atteindre des objectifs d'urbanisme légitimes. Le Conseil d'État a par conséquent ordonné un renvoi à la cour administrative d'appel de Nantes pour réexamen de l'affaire à la lumière des principes établis.