1. Résumé de la décision
M. A..., un ressortissant comorien, a contesté un arrêté du préfet de Mayotte qui lui ordonnait de quitter le territoire français. Il a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Mayotte la suspension de cet arrêté, arguant qu'il avait des liens familiaux à Mayotte et que son droit à une vie privée et familiale était violé. Le juge des référés a rejeté sa demande en considérant qu'il ne justifiait pas d'une stabilité ou continuité de son séjour en France. M. A... a interjeté appel contre cette ordonnance, qui a également été rejetée. Le tribunal a conclu que la décision du préfet ne portait pas atteinte grave et manifestement illégale aux droits de M. A...
2. Arguments pertinents
Les principaux arguments formulés dans la décision concernent la légalité de l'arrêté préfectoral et l'appréciation des droits de M. A... :
- Erreur manifeste d'appréciation : M. A... a soutenu que l'arrêté l'empêcherait de jouir de son droit au respect de la vie privée et familiale. Cependant, le tribunal a estimé que l'intéressé ne justifiait pas d'une insertion particulière dans la société française. Le jugement stipule : "l’intéressé ne justifie pas d'une insertion particulière dans la société française".
- Absence de preuves de stabilité : Le juge a considéré que M. A... ne prouvait ni la continuité, ni l'ancienneté de son séjour en France, comme l'indique le constat que son passeport mentionne son domicile aux Comores depuis 2017.
- Reconstitution de la cellule familiale : Le tribunal a relevé qu'il n'existait pas d'obstacle à ce que M. A... se réunisse avec sa famille aux Comores, affirmant que "la décision contestée n’a pas pour effet de le séparer de son enfant".
3. Interprétations et citations légales
La décision repose sur plusieurs fondements juridiques, notamment :
- Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article permet au juge des référés d’ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde des libertés fondamentales, en cas d'atteinte grave et manifestement illégale. Le tribunal a jugé qu'aucune atteinte de cette nature n'était prouvée dans le cas de M. A...
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Ce dernier prévoit que le juge peut rejeter une requête sans instruction lorsque la demande ne remplit pas la condition d'urgence ou apparaît manifestement infondée. Le tribunal a appliqué cet article pour conclure que M. A... ne justifiait pas d'éléments nouveaux ou de circonstances différentes.
- Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Les juges ont examiné les droits au respect de la vie familiale mais ont trouvé que la situation de M. A... ne justifiait pas la contestation de l'arrêté, notamment face à l'absence de liens significatifs sur le territoire français.
En résumé, le tribunal a appliqué une interprétation stricte des exigences de preuve concernant l'insertion dans la société française et la continuité du séjour, tout en examinant les droits liés aux obligations de la France concernant les droits humains, sans établir d'infraction dans le cas présent.