Résumé de la décision
Dans cette affaire, le requérant, M. A..., a demandé la suspension de l'exécution du décret n° 2021-699 du 1er juin 2021, qui limite la délivrance d'un justificatif de statut vaccinal aux personnes ayant reçu des vaccins autorisés par l'Agence européenne du médicament, excluant notamment le vaccin Sinopharm. M. A... soutenait que cette restriction portait atteinte à la liberté de circulation au sein de l'Union européenne et créait une rupture d'égalité entre les personnes vaccinées. Cependant, le juge des référés a rejeté la requête en raison du manque d'urgence, considérant que le requérant n'avait pas justifié de manière suffisante l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Absence de justification d'urgence : Le requérant a avancé que la restriction à la liberté de circulation constituait une raison suffisante pour reconnaître une présomption d'urgence. Le juge a rejeté cet argument en soulignant : "Une telle justification n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative."
2. Conditions préalables à la suspension : Le juge des référés a rappelé que pour qu'une suspension soit prononcée, il fallait établir à la fois une condition d'urgence et un doute sérieux quant à la légalité de l'acte contesté. En l'espèce, l'urgence n'étant pas caractérisée, il n'était pas nécessaire d'examiner le second critère.
Interprétations et citations légales
- Article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article stipule que "le juge des référés, saisi d'une demande, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision [...] lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision".
- Article L. 522-3 du Code de justice administrative : Le juge a appliqué cet article pour rejeter la requête sans audience, confirmant que "la condition d'urgence n'est pas remplie".
En conclusion, la décision met en lumière l'importance de justifier de manière adéquate la condition d'urgence pour obtenir la suspension d'un acte administratif. La simple mention d'une atteinte à la liberté de circulation n'est pas suffisante pour établir une situation d'urgence au sens de la loi.