Résumé de la décision
La décision porte sur la contestation des élections des conseillers départementaux dans le canton d'Asnières-sur-Seine, suite à une protestation de M. A...C..., électeur, qui a été rejetée par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. La contestation portait sur l'irrégularité présumée des opérations électorales, en raison de la manière dont le binôme constitué par M. O... et Mme K... a présenté ses bulletins de vote, laissant penser qu'il avait le soutien des partis UMP et UDI, alors qu'il n'en était pas investi. Le Conseil d'État a confirmé le rejet de la protestation, estimant que cette manœuvre n'avait pas eu d'impact significatif sur les résultats du scrutin.
Arguments pertinents
1. Sur la présentation des bulletins de vote :
Il est soulevé que le binôme M. O... et Mme K... a utilisé une mention "UMP - UDI" en grandes lettres, créant ainsi une confusion chez les électeurs. Toutefois, le jugement indique que si cette présentation est jugée comme une manœuvre susceptible d'induire en erreur, elle n'a pas affecté le classement des candidats au premier tour et donc n'a pas altéré les résultats.
2. Sur l'appréciation des manœuvres :
Le Conseil d'État a rappelé que les manœuvres ou irrégularités doivent avoir eu un impact sur la sincérité du scrutin. La décision mentionne explicitement : "la manoeuvre commise n'a pas été de nature, dans les circonstances de l'espèce, à altérer les résultats des opérations électorales contestées".
Interprétations et citations légales
1. Code électoral - Article L. 210-1 :
Cet article stipule que "Nul binôme ne peut être candidat au second tour s'il ne s'est présenté au premier tour et s'il n'a obtenu un nombre de suffrages égal au moins à 12,5 % du nombre des électeurs inscrits." Cette clause est essentielle dans la décision, car elle établit les conditions de qualification pour le second tour, stipulant la nécessité de suffrages significatifs afin de se maintenir.
2. Sur le rôle du juge administratif :
La décision clarifie le rôle du juge administratif en soulignant qu'il n'est pas compétent pour se prononcer sur la régularité des investitures selon les règles internes des partis, mais qu'il peut examiner les faits de manœuvres irrégulières. Cela est précisé par le jugement : "le juge administratif... doit apprécier les faits révélant des manoeuvres ou des irrégularités susceptibles d'avoir altéré la sincérité du scrutin."
Dans l'ensemble, la décision souligne l'importance de la clarté et de la transparence dans les opérations électorales, tout en reconnaissant que certaines erreurs ou manœuvres doivent avoir un impact substantiel pour justifier l'annulation d'une élection.