Résumé de la décision
La cour administrative d'appel de Marseille, par arrêt n° 18MA00469, 18M100468 du 5 janvier 2018, a annulé un jugement du tribunal administratif de Bastia qui avait accordé à Mme B... l'annulation d'une décision du ministre de l'économie. Mme B... avait demandé la transformation de son contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée. Sa demande, initialement soumise le 11 janvier 2016, avait été implicitement rejetée par silence deux mois plus tard. Après l'échec de son recours hiérarchique, la cour a jugé que la demande d'annulation formulée par Mme B... était tardive et irrecevable.
Arguments pertinents
1. Sur l'irrecevabilité de la demande de Mme B...:
La cour a retenu que le silence gardé par l'administration sur la demande de Mme B... a constitué une décision implicite de rejet au bout de deux mois, soit le 11 mars 2016. "Le recours hiérarchique devant le ministre de l'économie et des finances n'ayant été formé que le 8 juin 2016, celui-ci n'a pu rouvrir le délai de recours contentieux".
2. Sur le caractère confirmatif de la décision ministérielle:
La cour a également souligné qu'étant donné que le recours hiérarchique n'était pas fondé sur des circonstances nouvelles et avait le même objet que la demande initiale, la décision du ministre était confirmative, rendant toute contestation sur cette base hors délai.
Interprétations et citations légales
1. Sur le délai de recours:
Concernant les délais de recours, l'article R. 421-1 du code de justice administrative stipule : "La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée". La cour a donc appliqué ce principe pour déclarer la demande de Mme B... irrecevable.
2. Sur le régime du silence administratif:
L'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration indique que "le silence gardé pendant deux mois par l'autorité administrative sur une demande vaut décision d'acceptation", à l'exception de certaines relations, notamment celles entre un agent et son employeur, précisées dans l'alinéa 5 : "Dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents". La cour a utilisé cette disposition pour soutenir que le silence de l'administration avait bien créé une décision de rejet.
3. Sur le non-accusé de réception:
Selon les articles L. 112-3 et L. 112-6 du même code, les délais ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande si celle-ci n'a pas fait l'objet d'un accusé de réception, mais cela ne s'applique pas aux relations entre l'administration et ses agents selon l'article L. 112-2. Cette application rigoureuse a permis à la cour de conclure que le recours de Mme B... était, par conséquent, tardif.
En somme, le Conseil d'État a confirmé le jugement de la cour administrative d'appel, en plaidant que les règles de recevabilité des recours doivent être respectées, de même que les décisions implicites résultant du silence administratif, insistant sur l'importance du respect des procédures dans les relations entre l'administration et ses employés.