Résumé de la décision
Mme A...B..., ressortissante brésilienne, a épousé un ressortissant français le 28 août 2004 et a demandé à acquérir la nationalité française le 14 janvier 2015. Toutefois, le Premier ministre a opposé un refus par décret du 9 janvier 2017, arguant qu'elle n'était pas digne d'acquérir cette nationalité en raison d'un incident de violence commis en 2011. Après examen, le tribunal a annulé ce décret, considérant que l’acte reproché ne justifiait pas un tel constat d’indignité.Arguments pertinents
Le tribunal a fondé sa décision sur le constat que le refus d'acquisition de la nationalité française était basé sur une interprétation incorrecte de l'article 21-4 du code civil. Il a noté que l'incident isolé où Mme A...B... a donné un coup de poing à un policier, qui n'a pas entraîné d'incapacité et a eu lieu plus de cinq ans avant le décret, était insuffisant pour établir une indignité. En effet :> "En estimant que ce seul fait, qui est demeuré isolé et qui a été commis plus de cinq ans avant l'intervention du décret attaqué, était de nature à rendre Mme A...B...indigne, en l'état, d'acquérir la nationalité française, le Premier ministre a fait une inexacte application de l'article 21-4 du code civil."
Interprétations et citations légales
L’article 21-2 du Code civil établit les conditions d’acquisition de la nationalité française pour l’étranger marié à un ressortissant français, stipulant que la communauté de vie doit perdurer et que le conjoint mêlant doit conserver sa nationalité. L’article 21-4 précise les conditions dans lesquelles le Gouvernement peut s'opposer à cette acquisition, en mentionnant des motifs comme l’indignité ou le défaut d'assimilation.1. Code civil - Article 21-2 : Cet article souligne la nécessité pour l'étranger d'entretenir une communauté de vie avec le conjoint français, et ce, pendant une certaine durée, avant de pouvoir obtenir la nationalité française.
2. Code civil - Article 21-4 : Cet article donne aux autorités le pouvoir de s'opposer à une acquisition de nationalité, mais souligne que cette opposition doit se baser sur des motifs fondés, notamment "pour indignité ou défaut d'assimilation".
La décision a donc mis en lumière l’importance de la proportionnalité dans l’appréciation des actes passés, en révélant que la nature isolée d’un incident et le temps écoulé sont des facteurs essentiels à considérer pour évaluer la dignité d’un individu à acquérir la nationalité française. En conclusion, le tribunal a statué que le décret du Premier ministre était inapproprié et a donc annulé la décision.