Résumé de la décision
La décision concerne le rejet du compte de campagne de M. D... B... et de Mme C... A..., candidats aux élections départementales de mars 2015. La Commission nationale des comptes de campagne a rejeté leur compte en raison du paiement direct par M. B... de certaines dépenses après la désignation de leur mandataire financier. Le tribunal administratif d'Amiens a confirmé ce rejet par un jugement du 22 décembre 2015, jugeant que le compte avait été validement rejeté et qu’il n'y avait pas lieu de déclarer les candidats inéligibles. La requête des candidats pour le remboursement de leurs frais de campagne a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Obligation de recourir à un mandataire : Selon l'article L. 52-4 du Code électoral, un candidat doit déclarer un mandataire financier qui est responsable de régler les dépenses engagées. En l'espèce, M. B... a effectué des paiements après la désignation de leur mandataire, ce qui constitue une violation de cette obligation.
2. Montant des dépenses : Le tribunal a déterminé que le montant de 1 083 euros réglé par M. B... représentait 17 % du total des dépenses et 6 % du plafond autorisé, ce qui n’est pas négligeable. La décision du tribunal rappelle que les dépenses postérieures à la désignation du mandataire ne peuvent être remboursées parce qu'elles ne répondent pas aux conditions exceptionnelles de minime montant.
Citation pertinente : « Le mandataire financier [...] règle les dépenses engagées [...] à l'exception des dépenses prises en charge par un parti ou groupement politique. »
Interprétations et citations légales
1. Article L. 52-4 du Code électoral : Cet article établit clairement les obligations des candidats concernant la désignation d'un mandataire et le traitement des dépenses engagées. Il souligne qu'un candidat doit recourir à un mandataire pour toute dépense relative à sa campagne. Dans le cas présent, M. B... a failli à cette obligation, ce qui a conduit au rejet de son compte de campagne.
2. Conditions d'exception pour les menues dépenses : Bien que des menues dépenses puissent parfois être réglées directement par le candidat, le tribunal a insisté sur le fait que ces dépenses doivent être « faibles par rapport au total des dépenses du compte de campagne » et « négligeables au regard du plafond ». Le montant engagé par M. B... ayant dépassé ces seuils, cela ne constituait pas une dérogation acceptée.
Citation directe : « ce montant, qui représente 17 % du montant total des dépenses [...] n'est ni faible par rapport aux dépenses de campagne, ni négligeable au regard du plafond des dépenses autorisées. »
Ainsi, la décision de rejet du compte de campagne repose sur une interprétation stricte des règles établies par le Code électoral, visant à assurer la transparence et la régularité des financements politiques.