Résumé de la décision
M. A... B... a formé un pourvoi devant le Conseil d'État contre une ordonnance du président de la quatrième chambre de la cour administrative d'appel de Paris, qui avait rejeté son appel comme manifestement dénué de fondement. Ce rejet intervenait alors que M. A... B... avait demandé une aide juridictionnelle, interrompant ainsi le délai de recours. Le Conseil d'État a annulé l'ordonnance contestée, jugeant qu'elle avait méconnu les dispositions du code de justice administrative concernant la suspension des délais en cas de demande d'aide juridictionnelle. L'affaire a été renvoyée devant la cour administrative d'appel de Paris, et l'État a été condamné à verser 1 500 euros à l'avocat de M. A... B... au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Interruption du délai de recours : Le Conseil d'État a reconnu que M. A... B... avait formé une demande d'aide juridictionnelle avant l'expiration de son délai pour faire appel. Cela a eu pour effet d'interrompre ce délai selon les modalités prévues par le droit applicable. En effet, le juge a souligné que "par une décision du 14 mars 2018, le bureau d'aide juridictionnelle (...) a accordé à M. A... B... l'aide juridictionnelle."
2. Annulation de l’ordonnance : En conséquence, le Conseil d'État a statué que "l’ordonnance attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions...". Cela implique que l'ordonnance aurait dû tenir compte de l'impact de l'aide juridictionnelle sur le délai de recours, justifiant ainsi son annulation.
3. Versement de frais d’avocat : Enfin, le Conseil d'État a décidé de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, demandant que l'avocat renonce à la part contributive de l'État.
Interprétations et citations légales
1. Interruption du délai de recours : Le principe de l’interruption du délai de recours en cas de demande d'aide juridictionnelle est posé dans le Décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991. En effet, l'article 39 stipule que la demande d'aide juridictionnelle interrompt le cours du délai de recours.
2. Conditions de rejet des appels : L’ordonnance de rejet doit respecter les procédures établies par le Code de justice administrative. En particulier, l'article R. 222-1 mentionne que "les présidents des cours administratives d'appel peuvent (...) par ordonnance, rejeter (...) les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement." Dans le cas de M. A... B..., le Conseil d'État a estimé que "le délai de recours n'était pas expiré", contredisant ainsi l'évaluation faite par le président de la cour.
3. Frais d'avocat et aide juridictionnelle : L'article L. 761-1 du Code de justice administrative prévoit que "les frais exposés par toute partie au litige qui a été fait appel au service d'un avocat peuvent être remboursés sous réserve de la reconnaissance d'une aide juridictionnelle." Cette disposition justifie le versement des 1 500 euros à l’avocat de M. A... B..., affirmant la reconnaissance de ses droits à l’assistance juridique.
Ces éléments soulignent l’importance de la protection des droits des justiciables dans le cadre des recours administratifs et des procédures d'aide juridictionnelle.