Résumé de la décision
Mme C... B... a déposé une plainte contre Mme A..., chirurgien-dentiste, concernant la pose d'une couronne dentaire le 7 avril 2015. La plainte a d'abord été rejetée par la chambre disciplinaire de première instance d'Auvergne et, sur appel, par la chambre disciplinaire nationale. Mme B... a alors formé un pourvoi en cassation. La cour a conclu que la décision de la chambre disciplinaire nationale d'ignorer le manque de consentement éclairé de Mme B... pour le type de couronne posé était une erreur de droit. Par conséquent, la décision du 10 juillet 2018 a été annulée et le dossier renvoyé à la chambre disciplinaire nationale. Mme A... a également été condamnée à verser 2 500 euros à l'avocat de Mme B... pour couvrir les frais juridiques.
Arguments pertinents
1. Obligation d’information et consentement éclairé : La décision souligne que le consentement doit être libre et éclairé. Selon le Code de la santé publique - Article L. 1111-4, aucun acte médical ne peut être pratiqué sans ce consentement. La cour a réaffirmé cette exigence, en notant que le praticien a l’obligation d’informer le patient même si ce dernier a des connaissances en matière de soins dentaires.
> "La circonstance qu'un patient détienne des connaissances en la matière ne saurait dispenser le chirurgien-dentiste de satisfaire à son obligation de l'informer..."
2. Erreur dans l'appréciation des circonstances : La chambre disciplinaire nationale a été critiquée pour avoir fondé sa décision sur des facteurs inopérants (comme le coût identique pour la sécurité sociale) qui ne déliant pas le praticien de son obligation d’information.
> "En se fondant sur de telles circonstances inopérantes...la chambre disciplinaire nationale a commis une erreur de droit."
Interprétations et citations légales
1. Droit à l’information : Article L. 1111-2 du Code de la santé publique établit clairement que tout patient a le droit d'être informé de son état de santé et des soins proposés. Cette obligation est fondamentale pour le respect de l'autonomie du patient.
2. Consentement éclairé : Selon l’Article L. 1111-4 du Code de la santé publique, la réalisation d'un traitement sans le consentement éclairé du patient constitue une faute. Ce principe a été central dans la décision, car l'infraction reprochée à Mme A... concernait précisément l'absence de consentement pour le type de couronne posée.
3. Conditions sous lesquelles le consentement peut être exigé : L'Article R. 4127-236 précise que le consentement doit être recherché dans tous les cas, insistant sur le fait que l'absence de consultation ou d'information appropriée constitue un manquement sérieux aux obligations du praticien.
Ces interprétations renforcent l’importance du consentement dans la pratique médicale et la nécessité de respecter les droits des patients à être informés et à donner leur consentement libre et éclairé pour tout acte médical.