Résumé de la décision
La décision concerne un recours de M. B., qui contestait la décision du ministre de l'intérieur du 14 mars 2018, refusant de reconnaître son permis de conduire belge sur le territoire français. M. B. avait initialement perdu son permis français en raison d'un retrait de points en janvier 2009 et a échangé ce permis non valide contre un permis belge en juillet 2014. Le tribunal administratif de Lille avait annulé la décision du ministre, mais ce dernier s'est pourvu en cassation. La cour a finalement annulé le jugement du tribunal administratif et a confirmé le droit du ministre de refuser la reconnaissance du permis belge.
Arguments pertinents
1. Validité du Permis:
La cour souligne que, bien que le permis belge soit valide en Belgique, cela ne signifie pas qu'il doit être reconnu en France lorsque cet échange a été effectué sur la base d'un permis français invalide. Selon la décision, "le ministre de l'intérieur a pu légalement refuser la reconnaissance, sur le territoire français, du permis de conduire belge détenu par M. B.."
2. Directive Européenne:
La décision s'appuie sur les dispositions de la directive 91/439/CEE, en particulier le paragraphe 1 de l'article 8, qui stipule que l'État membre d'accueil doit vérifier la validité du permis d'origine. La cour a affirmé que l'État peut appliquer ses dispositions nationales en matière de retrait de permis, comme spécifié au paragraphe 2 de l'article 8.
3. Règlements Nationaux:
La décision s'appuie également sur le Code de la route, en affirmant que "tout permis de conduire national régulièrement délivré par un État membre est reconnu en France sous réserve d'être en cours de validité" (Code de la route - Article R. 222-1). La cour conclut que, alors que ces permis doivent théoriquement être reconnus, cela ne s'applique pas lorsqu'un permis est obtenu en échange d'un permis invalide.
Interprétations et citations légales
1. Directive 91/439/CEE:
L'article 8, paragraphe 1, affirme que "dans le cas où le titulaire d'un permis de conduire en cours de validité ... peut demander l'échange de son permis contre un permis équivalent". Cela signifie que le permis d'origine doit être valide au moment de l'échange.
2. Code de la Route:
L'article L. 223-5 précise les modalités de retrait de points et la perte de validité du permis en cas de retrait total. Ainsi, "l'intéressé reçoit de l'autorité administrative l'injonction de remettre son permis de conduire ... et perd le droit de conduire un véhicule." Ce cadre réglementaire permet aux autorités de refuser la reconnaissance d'un permis échangé basé sur une situation de retrait de points.
3. Refus de Reconnaissance:
La décision indique clairement que l'État français a le droit de refuser la reconnaissance d'un permis échangé si l'échange a eu lieu alors que le permis d'origine était invalide, comme souligné au point 5. De cette manière, la cour met en avant que "les dispositions ... ne sauraient imposer aux autorités françaises ... la reconnaissance [d'un permis] ... échangé avec un permis français qui n'était plus valide."
En conclusion, cette décision réaffirme la prérogative des États membres de l'UE d'interpréter et d'appliquer leurs lois nationales concernant la validité des permis de conduire, surtout lorsqu'il s'agit d'un permis obtenu en échange d'un permis précédemment invalidé.