Résumé de la décision
M. C... a demandé à la présidente de la CNIL d'effacer et de rectifier certaines données personnelles contenues dans l'application SCAPIN, après que la CPAM de Seine-et-Marne a rejeté sa demande. Par décision du 10 avril 2019, la présidente de la CNIL a clos la plainte de M. C... en considérant que la CPAM avait justifié son maintien des données pour défendre ses droits en justice, en lien avec des procédures contentieuses en cours. La requête de M. C... a été rejetée par le tribunal administratif.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision sont les suivants :
1. Ni le droit à l'effacement ni le droit à la rectification n'étaient applicables : La présidente de la CNIL a estimé que le traitement des données en question était justifié par le besoin de défendre les droits en justice de la CPAM, comme le stipule l'article 17 du règlement (UE) n° 2016/679, qui indique que "ce traitement est nécessaire à la constatation, à l'exercice ou à la défense de droits en justice".
2. Pouvoirs d'appréciation de la CNIL : Le tribunal a souligné que la CNIL dispose d'un large pouvoir d'appréciation quant aux suites à donner à une plainte, y compris en ce qui concerne la gravité des manquements allégués et le contexte dans lequel ils ont été commis, respectant ainsi son rôle d'autorité indépendante. De plus, il a été noté que M. C... n'avait pas apporté d'éléments suffisants justifiant l'engagement d'une procédure.
3. Inexistence d'une erreur manifeste d'appréciation : Il a été conclu qu'aucune inexactitude dans l'application des dispositions légales par la présidente de la CNIL n'a été démontrée par M. C..., ce qui a mené au rejet de sa requête.
Interprétations et citations légales
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Règlement général sur la protection des données
- Règlement (UE) n° 2016/679 - Article 17 : Cette disposition définit les conditions pour l'effacement des données, en précisant que ce droit ne s'applique pas lorsque le traitement est "nécessaire à la constatation, à l'exercice ou à la défense de droits en justice".
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Loi Informatique et Libertés
- Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 - Article 11 : Cet article précise les missions de la CNIL, notamment son rôle dans la recepção des réclamations et l'obligation d'informer les plaignants des suites données.
- Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 - Article 40 : Conduit à la capacité des individus de demander la rectification de leurs données, lorsque celles-ci sont inexactes ou illicites. La décision de la CNIL de ne pas entrer en procédure est donc justifiée par la caractérisation d'une situation où les droits de la CPAM, en matière de défense juridique, priment.
Ces éléments montrent que, bien que M. C... invoque ses droits à l'effacement et à la rectification, ces droits doivent être mis en balance avec les exigences de la justice et la légitimité d'un traitement de données dans le cadre de procédures légales. L'exercice des droits des individus en matière de protection des données prend en compte des considérations pratiques et juridiques plus larges, reflétant la complexité de la réglementation sur la protection des données.