Résumé de la décision :
L'association La Cimade a demandé l'annulation de l'article 5 du décret du 23 janvier 2019, qui modifie le régime des compétences des préfets en matière de demande d'asile. Cet article introduit des dispositions selon lesquelles le silence de l'administration sur une demande d'attestation de demande d'asile vaut décision de rejet, en se basant sur l'article L. 231-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le tribunal a rejeté la requête de l'association, considérant que le décret a été pris conformément à la législation en vigueur et ne contrevient pas aux obligations de l'administration concernant les délais de traitement des demandes.
Arguments pertinents :
1. Validité du décret : La décision souligne que l'article L. 231-5 du code des relations entre le public et l'administration permet l'écartement de la règle du "silence vaut acceptation" par décret en Conseil d'Etat et en conseil des ministres, par conséquent, le décret du 23 janvier 2019 est valide sur ce point. « …le moyen tiré de l'incompétence du pouvoir réglementaire pour édicter les dispositions litigieuses ne peut qu'être écarté. »
2. Respect des délais de traitement : Bien que l'association a soutenu que la nouvelle règle serait en contradiction avec l'obligation de délivrer les attestations de demande d'asile dans un délai de dix jours, le tribunal a précisé que cette règle de silence ne retarde pas l'examen des demandes d'asile. « …cette règle n'a ni pour objet ni pour effet de retarder l'examen des demandes d'asile. »
Interprétations et citations légales :
1. Écartement des règles de silence : La décision s'appuie sur les articles L. 231-1 et L. 231-5 du Code des relations entre le public et l'administration pour justifier l'écart à la règle du "silence vaut acceptation".
- Code des relations entre le public et l'administration - Article L. 231-1 : « Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation ».
- Code des relations entre le public et l'administration - Article L. 231-5 : « (…) l'application de l'article L. 231-1 peut être écartée par décret en Conseil d'Etat et en conseil des ministres ».
2. Obligation de délivrance des attestations : L'article L. 741-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impose à l'administration de délivrer les attestations dans un délai maximal de dix jours, mais le tribunal a souligné que la suppression de la règle d'acceptation implicite ne nuit pas à cette obligation.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 741-1 : « L'administration doit délivrer les attestations de demande d'asile dans un délai maximal de dix jours ».
En conclusion, la décision judiciaire a confirmé la légalité des dispositions modifiées par le décret et précise que la réglementation en vigueur ne comporte pas d'incompatibilité avec les droits des demandeurs d'asile.