Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. C... et Mme E... ont contesté la décision du maire du Gosier datée du 29 octobre 2015 qui ne s'opposait pas à une déclaration préalable de lotissement présentée par Mme F..., concernant la création d'un lotissement de 7 lots sur les parcelles cadastrées BP 943 et 945. Ils soutenaient que la parcelle BP 802, contiguë et destinée à servir de voie de desserte, nécessitait un permis d'aménager selon l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme. Le juge des référés a suspendu la décision du maire, estimant qu'il existait un doute sérieux quant à sa légalité. En conséquence, l’ordonnance initiale du juge a été annulée, et la commune a été condamnée à verser 3 500 euros à M. C... et Mme E... en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Suspension de la décision : Le juge a fondé sa décision sur deux éléments principaux : l'urgence justifiée par les travaux déjà engagés et le doute sérieux quant à la légalité de la décision du maire, en se basant sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui permet de suspendre une décision administrative lorsque les conditions sont réunies.
> "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés... peut ordonner la suspension... quand l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer... un doute sérieux quant à la légalité de la décision."
2. Illégalité potentielle : En citant les articles R. 421-19 et R. 421-23 du code de l'urbanisme, le juge a été conduit à conclure que la décision du maire aurait dû être précédée d'un permis d'aménager. En effet, le juge a constaté que les travaux réalisés sur la parcelle BP 802, qui est destinée à desservir les lots, nécessitaient une telle autorisation, ce qui a généré un doute sérieux sur la légalité de la décision de non-opposition.
> "Les travaux relatifs à l'aménagement de la parcelle BP 802 sont déjà engagés ; qu'ils sont susceptibles d'entraîner des conséquences difficilement réversibles."
Interprétations et citations légales
1. Application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article confère au juge des référés le pouvoir d'ordonner la suspension d'une décision administrative si des éléments de fond peuvent remettre en question sa légalité. Dans cette affaire, le juge a appliqué cette disposition pour maintenir l'équilibre entre l'exécution des décisions administratives et le respect du droit.
> "Il est fait état d'un moyen propre à créer... un doute sérieux quant à la légalité de la décision."
2. Qualification des travaux selon le code de l'urbanisme : Les articles R. 421-19 et R. 421-23 définissent les modalités d'autorisation pour les travaux d'aménagement. Le juge a précisé que, considérant la fonction de la parcelle BP 802 dans le projet de lotissement, les travaux devaient être précédés d'un permis d’aménager.
> "Doivent être précédés d'une déclaration préalable les travaux, installations et aménagements... Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : les lotissements... destinés à être bâtis et propres au lotissement."
Cette interprétation souligne l'importance des exigences formelles en matière d'urbanisme, soulignant que même une décision de non-opposition peut être contestée si elle ne respecte pas le cadre légal défini par le code de l'urbanisme. L'importance d'une telle analyse réside dans la protection des droits des tiers, en l'occurrence M. C... et Mme E..., en tant que voisins des parcelles concernées.