Résumé de la décision :
La requête de M. B... vise à obtenir l'annulation de la décision implicite du ministre de l'intérieur, refusant d'ajouter les noms de ses enfants, Mourad, Fatih et Nacer, au décret du 15 octobre 2002 qui lui avait restitué la nationalité française. Le Conseil d'État a rejeté cette demande, considérant qu'à la date du décret, Mourad était majeur, que l'existence de Fatih n'avait pas été signalée de manière suffisante à l'administration, et que Nacer ne résidait pas habituellement avec son père en France. En conséquence, M. B... n'était pas en droit de revendiquer une modification du décret.
Arguments pertinents :
1. Sur l'âge de Mourad :
Le Conseil d'État a souligné que "le fils Mourad, né le 19 mai 1984, était devenu majeur" au moment où le décret a été émis, ce qui signifie qu'il ne pouvait pas bénéficier des dispositions de l'article 22-1 du code civil relatives à la nationalité française acquise par un parent.
2. Sur l'existence de Fatih :
Il a été statué que M. B... n'a pas démontré qu'il avait informé l'administration de l'existence de son fils Fatih "durant la procédure qu'il avait engagée aux fins d'être réintégré dans la nationalité française", rendant ainsi le refus de mise à jour du décret légal.
3. Sur la résidence de Nacer :
Concernant Nacer, le Conseil a noté que "à la date du décret du 15 octobre 2002, Nacer ne résidait pas habituellement avec son père en France, mais en Algérie", justifiant le rejet de la demande d'inscription de son nom au décret.
Interprétations et citations légales :
- Code civil - Article 22-1 :
Cet article stipule que "l'enfant mineur (...) dont l'un des deux parents acquiert la nationalité française, devient français de plein droit", sous condition de cohabitation ou de résidence alternée. La décision clarifie que cette acquisition est dépendante de la connaissance de l'administration de l'existence de l'enfant et de la réalité de la résidence au moment de la demande.
- Conditions de reconnaissance de la nationalité :
La décision met en avant que "deux conditions doivent être réunies" pour que la nationalité française soit acquise par l’enfant : la notification de son existence à l'administration et une "résidence stable et durable" avec le parent. Cela souligne l'importance de la formalisation administrative dans le processus d'acquisition de nationalité.
Cette analyse fait ressortir l'importance des conditions de notification et de résidence dans l'attribution de la nationalité française par rapport aux dispositions du code civil, ce qui est crucial pour la compréhension des droits des enfants issus de parents ayant acquis la nationalité.