Résumé de la décision
La décision concernée porte sur la demande d'extradition de M. B... vers la Turquie, émise par décret du Premier ministre. Le décret accorde l'extradition pour les faits d'homicide volontaire avec préméditation, après une évaluation des circonstances entourant la demande. M. B... conteste cette extradition en invoquant des raisons politiques et des risques liés à son état de santé et aux conditions de détention en Turquie. Toutefois, le tribunal rejette la demande d'annulation du décret, considérant que le gouvernement n’a pas commis d’erreur manifeste dans sa décision.
Arguments pertinents
1. Validité du décret : Le tribunal souligne que le décret d'extradition est dûment signé par le Premier ministre et contresigné par la garde des sceaux, respectant ainsi les exigences administratives. "L'ampliation notifiée à M. B... n'avait pas, pour sa part, à être revêtue de ces signatures."
2. Motivation du décret : Il est précisé que le décret contient "l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement" et répond ainsi à l'exigence de motivation de l’article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
3. Inexistence de risques personnels : M. B... n’a pas fourni des éléments suffisants pour prouver que l’extradition serait motivée par des considérations politiques ou qu'il risquerait des traitements inhumains. Le tribunal note que "aucun des éléments du dossier n'est de nature à accréditer les allégations du requérant".
4. Conséquences sur l'état de santé : Concernant les conséquences de l'extradition sur son état de santé, le tribunal conclut que les preuves fournies n'établissent pas que son état médical justifierait un refus d'extradition. Le tribunal écarte donc cette argumentation en indiquant que "il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé serait de nature à faire obstacle à son extradition."
Interprétations et citations légales
- Article 3 de la Convention européenne d'extradition : Cet article interdit l'extradition lorsque des motifs politiques sont en cause. Le tribunal précise que "la demande d'extradition motivée par une infraction de droit commun a été présentée aux fins de poursuivre ou de punir un individu pour des considérations de race, de religion, de nationalité ou d'opinions politiques". Rien ne permet d'établir que l’extradition ait cette motivation dans le cas de M. B....
- Code des relations entre le public et l'administration - Article L. 211-5 : Cet article impose une obligation de motivation des décisions administratives. Le tribunal valide le décret en confirmant qu'il satisfait à cette exigence en rendant compte de ses raisons.
- Réserves de la France sur la Convention européenne d'extradition : La décision s'appuie sur le deuxième alinéa de l’article 1er des réserves françaises selon lequel "l'extradition pourra être refusée si la remise est susceptible d'avoir des conséquences d'une gravité exceptionnelle pour la personne réclamée". Le tribunal conclut que les arguments relatifs à l'état de santé de M. B... ne sont pas fondés.
Ainsi, le tribunal rejette la requête de M. B..., considérant que le décret d'extradition est en conformité avec les textes applicables et que les craintes exprimées par le requérant ne sont pas justifiées.