Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. A..., résident fiscal du Japon, avait cédé des droits indivis sur un immeuble situé à Paris en 2007, et avait acquitté un prélèvement sur les plus-values au taux de 33,33 %. Par une réclamation en décembre 2009, il a demandé que ce prélèvement soit recalculé au taux réduit de 16 % applicable aux résidents fiscaux dans des conditions spécifiques, et a sollicité la restitution de la différence. Le ministre des finances a rejeté implicitement cette demande, entraînant un recours de M. A... devant le tribunal administratif, qui a été suivi par la cour administrative d'appel de Versailles. Le Conseil d'État a confirmé que la réclamation de M. A... était recevable.
Arguments pertinents
1. Délai de réclamation : Le Conseil d'État a confirmé que les dispositions de l'article R 196-1 du livre des procédures fiscales s'appliquent, permettant à une réclamation d'être recevable si elle est faite dans le délai prévu par les deux parties de l'article.
- Citation : "Les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle... du versement de l'impôt contesté..." (Livre des procédures fiscales - Article R 196-1).
2. Nature de l'imposition : Le Conseil d'État a noté que le prélèvement sur les plus-values n'est pas recouvré par voie de rôle ou d'avis de mise en recouvrement. De ce fait, les réclamations doivent respecter les règles générales de délais pour les impôts qui ne sont pas soumis à rôle.
- Citation : "Cet impôt... n'est pas recouvré par voie de rôle ou d'avis de mise en recouvrement..." (Code général des impôts - Article 244 bis A).
3. Erreur de droit : Le Conseil d'État a rejeté l'argument du ministre selon lequel la réclamation de M. A... était tardive, en confirmant que la cour administrative d'appel n'avait pas commis d'erreur de droit à cet égard.
Interprétations et citations légales
Le Conseil d'État a souligné plusieurs points juridiques clés à partir des articles du Code général des impôts et du Livre des procédures fiscales:
1. Code général des impôts - Article 244 bis A : Cette disposition établit l'imposition des plus-values pour les contribuables non-résidents. La formulation "dont le taux était d'un tiers à la date de la réalisation de la plus-value" précise le traitement fiscal applicable, en particulier pour les résidents fiscaux au Japon dans ce cas.
2. Livre des procédures fiscales - Article R* 196-1 : La distinction entre les délais pour les réclamations basées sur l'imposition par voie de rôle et celles qui ne le sont pas est essentielle. La première partie et la seconde partie de cet article définissent clairement les conditions de forme et de temps dans lesquelles les réclamations doivent être présentées, ce qui a été central dans la décision du Conseil.
3. Le Conseil a également mis en avant que la qualification du prélèvement comme étant un "prélèvement" ne change en rien son traitement en matière de délais de réclamation, soulignant l'importance de la nature de l'impôt plutôt que de sa désignation.
En conclusion, le Conseil d'État a maintenu la validité de la réclamation de M. A..., en se fondant sur une interprétation précise des délais de réclamation prévus dans la législation fiscale française, affirmant ainsi ses droits à la restitution des sommes indûment versées.