Résumé de la décision
La ville de Paris a saisi le Conseil d'État pour annuler un arrêt de la cour administrative d'appel de Paris qui avait annulé une délibération du conseil municipal de Paris approuvant un protocole d'accord pour le réaménagement du quartier des Halles. La cour d'appel avait conclu que la délibération n'avait pas été signée conformément à la loi. Le Conseil d'État a annulé cet arrêt, considérant que les délibérations des conseils municipaux ne doivent pas se conformer à l'exigence de signature stipulée dans la loi du 12 avril 2000, mais plutôt aux règles spécifiques du code général des collectivités territoriales.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit sur la signature des délibérations :
Le Conseil d'État a retenu que la cour administrative d'appel a commis une "erreur de droit" en annulant la délibération sous prétexte qu'elle n'avait pas respecté les exigences de la loi du 12 avril 2000. En effet, le Conseil a souligné que les délibérations municipales sont régies par les dispositions spéciales de l'article L. 2121-23 du Code général des collectivités territoriales, qui ne requièrent pas de signature à peine de nullité.
2. Application des règles spécifiques :
Le Conseil d'État a précisé que, contrairement aux dispositions générales de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000, les dispositions de l'article L. 2121-23 du CGCT s'appliquent aux délibérations des conseils municipaux. Cela signifie que la cour d'appel n'aurait pas dû se fonder sur les dispositions générales concernant la signature des actes administratifs pour annuler une délibération, puisque cette dernière ne relève pas de cette réglementation.
Interprétations et citations légales
1. Article 1er de la loi du 12 avril 2000 :
Cet article stipule que les "autorités administratives" comprennent les collectivités territoriales, mais n'impose pas des formalités spécifiques de signature à des formes de délibérations qui sont régies par d'autres normes. Cela renvoie aux raisons pour lesquelles la cour administrative d'appel a faussement appliqué ces règles génériques à une délibération municipale.
2. Code général des collectivités territoriales - Article L. 2121-18 :
Selon cet article, "les séances des conseils municipaux sont publiques", cela sous-entend une obligation de transparence dans le processus, mais ne confère pas aux décisions un formalisme excessif qui pourrait entraver leur validité.
3. Code général des collectivités territoriales - Article L. 2121-23 :
Cet article précise que "les délibérations sont signées par tous les membres présents à la séance" mais il ne stipule pas que l'absence de cette signature entraîne automatiquement la nullité de la délibération. Cela a permis au Conseil d'État de conclure que la mauvaise application de cette norme a conduit à une décision erronée de la cour d'appel.
Conclusion
En annulant l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris, le Conseil d'État confirme la primauté des dispositions spécifiques relatives aux délibérations des conseils municipaux sur les règles générales de la loi du 12 avril 2000. Cette décision souligne l'importance de la distinction entre les différentes normes juridiques qui s'appliquent aux actes administratifs, particulièrement dans la gestion des délibérations au sein des collectivités territoriales.