Résumé de la décision
Dans l'affaire M. B..., le Conseil d'État a été saisi d'un pourvoi contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux, qui avait rejeté ses demandes concernant l'aménagement de ses conditions d'examen en raison de son handicap. M. B... avait demandé un aménagement lors de l'épreuve orale du concours d'attaché principal d'administration, et bien qu'il ait obtenu un tiers de temps supplémentaire et un éclairage tamisé, il a soutenu que le jury avait abusé de ce temps supplémentaire. En annulant l'arrêt attaqué, le Conseil d'État a considéré que la cour d'appel n'avait pas suffisamment vérifié si l'aménagement accordé était adapté aux besoins de M. B..., entraînant une erreur de droit. Le Conseil a renvoyé l'affaire devant la cour d'appel et a accordé à M. B... une indemnité de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Contrôle du juge administratif : Le Conseil d'État a souligné que c'est au juge administratif de vérifier comment les aménagements prévus pour compenser un handicap sont mis en œuvre. Cela implique d'apprécier si ces mesures sont adaptées aux spécificités des épreuves et aux besoins exprimés par le candidat. Le magistrat a déclaré : « Il appartient au juge administratif de contrôler les conditions dans lesquelles ces dérogations [...] ont été mises en œuvre par le jury lors du déroulement des épreuves. »
2. Souveraineté du jury : La cour administrative d'appel avait justifié le refus de M. B... en invoquant la souveraineté du jury dans l'évaluation des candidats. Toutefois, le Conseil d'État a noté que cette souveraineté ne doit pas empêcher un contrôle sur la compatibilité des conditions d'examen avec le handicap. Il a affirmé : « [...] sans rechercher si les conditions dans lesquelles l'aménagement de l'épreuve orale avait été mis en œuvre par le jury [...] étaient adaptées aux moyens physiques de M. B... ».
Interprétations et citations légales
1. Loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 - Article 27 :Les dérogations aux règles de déroulement des concours pour tenir compte des handicaps doivent être justifiées et adaptées. Le texte précise que « des dérogations aux règles normales de déroulement des concours et des examens sont prévues, afin, notamment, d'adapter la durée et le fractionnement des épreuves aux moyens physiques des candidats ».
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule les dispositions relatives au remboursement des frais engagés par les parties, permettant ainsi à la Cour de condamner l'État à verser une somme à M. B... en reconnaissance des frais exposés lors de son recours. Le Conseil a ordonné le versement de 3 000 euros en mentionnant : « Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à M. B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ».
Cette décision réaffirme l'importance d'un contrôle judiciaire approprié sur les adaptations faites dans le cadre des concours, en veillant à ce qu'elles satisfassent réellement aux besoins des candidats handicapés.