Résumé de la décision
La décision concerne le recours de M. A..., professeur des universités en philosophie, contre la délibération du conseil académique de l'université Paris-Sorbonne, qui a refusé de transmettre au ministre la liste de candidats pour un poste de professeur. Cette décision faisant suite à une précédente annulation par le Conseil d'État de la délibération du conseil d'administration, qui avait estimé que M. A... ne correspondait pas au profil du poste. Le Conseil d'État a annulé la délibération du 14 septembre 2016 pour avoir méconnu l’autorité de la chose jugée attachée à sa décision précédente, en confirmant que la stratégie de l'université n'avait pas changé et en ordonnant une délibération sur la liste des candidats.
Arguments pertinents
1. Inadéquation de l'évaluation du Conseil académique : Le Conseil d'État a constaté que "le conseil académique a méconnu l'autorité absolue de la chose jugée" en refusant de transmettre la liste. Cela signifie que la décision antérieure du Conseil d'État devait être respectée, ce qui n'a pas été fait, puisque les raisons avancées par le conseil académique n'étaient pas fondées sur une stratégie modifiée.
2. Exécution de l'injonction : Le Conseil d'État a également noté que l'exécution de sa décision implique que l'université doive se conformer aux précédents jugements relatifs à l'adéquation du profil de M. A... et à la stratégie de l'établissement, indiquant ainsi que l'université a une obligation légale de suivre cette injonction.
Interprétations et citations légales
- Autorité de la chose jugée : Le Conseil d'État a réaffirmé le principe selon lequel l'autorité de la chose jugée empêche une autorité administrative de revenir sur une décision alors que les circonstances n'ont pas changé. Cela s'appuie sur le principe du respect des décisions de justice, attestant de la sécurité juridique.
- Code de l'éducation : La décision fait référence aux dispositions du Code de l'éducation qui encadrent la nomination des enseignants-chercheurs. L'argument selon lequel le profil de M. A... ne correspondait pas aux besoins de l'université en raison de sa stratégie est rejeté, étant donné qu'aucun changement n’a eu lieu depuis la première délibération.
Par exemple, le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 précise les modalités de nomination des enseignants-chercheurs, interrompant toute interprétation laxiste de ces procédures en cas de décisions judiciaires antérieures.
- Article L. 761-1 du code de justice administrative : Ce texte législatif justifie la décision du Conseil d'État de condamner l'université Paris-Sorbonne à verser des dommages et intérêts à M. A... pour couvrir ses frais de justice, renforçant ainsi le principe de réparation dans le cadre de litiges administratifs.
La décision du Conseil d'État est donc fondée sur des principes clairs de hiérarchie des normes et de respect des décisions judiciaires passées, tout en renforçant le droit à un recours effectif.