Résumé de la décision
Le syndicat national de l'enseignement initial privé - CGT a demandé l'annulation de la circulaire du 1er juin 2015 qui imposait aux candidats admis aux concours externes de recrutement des maîtres des établissements d'enseignement privés sous contrat, non titulaires d'un master MEEF, de s'inscrire en M2 MEEF dans un établissement d'enseignement supérieur privé. Le tribunal a jugé que cette obligation n'était pas fondée sur la loi, entraînant l'annulation de la circulaire concernée pour l'année scolaire 2015-2016. L'État a également été condamné à verser 2 500 euros au syndicat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Caractère impératif de la circulaire : La décision note que la circulaire du 1er juin 2015 impose des "dispositions impératives à caractère général", justifiant ainsi la recevabilité du recours (paragraphe 2). Le tribunal souligne que cette obligation d'inscription à un parcours spécifique dans un type d'établissement constitue une contrainte non prévue par la législation applicable.
2. Divisibilité des dispositions : Le tribunal a relevé que les dispositions contestées sont "divisibles des autres dispositions de la circulaire", ce qui permet d'exclure seulement les parties non conformes, renforçant ainsi la validité du recours (paragraphe 3).
3. Incompétence du ministre : La décision précise que le ministre a imposé, à travers la circulaire, une condition qui n'était pas prévue par les articles R. 914-19-2 et R. 914-32 du code de l'éducation. En effet, ces dispositions ne stipulent pas que l'inscription en M2 MEEF doit se faire exclusivement dans des établissements d'enseignement supérieur privé (paragraphe 4).
Interprétations et citations légales
1. Code de l'éducation - Article R. 914-19-2 : Cet article impose effectivement certaines conditions pour l'inscription des candidats aux concours, mais ne précise pas de limites sur le type d'établissement d'enseignement supérieur à fréquenter pour l'obtention du diplôme MEEF. Cela se traduit par la conclusion que le ministre a étendu le cadre légal en ajoutant une obligation non définie.
2. Code de l'éducation - Article R. 914-32 : Ce texte précise les modalités de contrôle pour l'obtention du diplôme. Le tribunal a interprété que l'article met l'accent sur le contrôle académique sans pour autant restreindre le choix de l'établissement.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article prévoit la possibilité d’une indemnisation publique à hauteur de 2 500 euros dans les cas d'annulation administrative. Le tribunal a ordonné cette indemnisation au syndicat, justifiant ainsi le dédommagement.
En résumant, la décision souligne l'importance du respect des textes législatifs en matière éducative, ainsi que la nécessité de la légitimité dans les obligations imposées aux candidats par l'administration.