Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. B..., ancien directeur général des services de la commune de Royan et directeur de la régie du port de Royan, contestait des titres exécutoires émis à son encontre pour des sommes qu'il avait perçues indûment au titre de son salaire. La cour administrative d'appel de Bordeaux, par un arrêt du 4 novembre 2014, a rejeté sa demande d'annulation de ces titres, considérant qu'il avait contribué à une revalorisation illégale de sa rémunération, obtenue par fraude. M. B... a alors formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui a finalement rejeté sa demande, confirmant ainsi la décision de la cour d'appel et déclarant que l'illégalité de l'arrêté accordant une augmentation salariale était connue de M. B...
Arguments pertinents
1. Connaissance de l'illégalité : La cour a jugé que M. B... ne pouvait ignorer l'illégalité de l'arrêté lui allouant une rémunération majorée, en vertu de ses responsabilités en tant que directeur de la régie. La cour a ainsi conclu que M. B... avait activement participé à la manœuvre frauduleuse visant à obtenir une augmentation injustifiée de sa rémunération.
> « La cour a aussi jugé que M.B..., eu égard aux fonctions qu'il exerçait…ne pouvait ignorer le caractère illégal de l’avantage financier consenti à son profit. »
2. Fondement légal des décisions : La cour s'appuie sur les dispositions du Code général des collectivités territoriales (CGCT), notamment l'article L. 2221-10 qui encadre l'organisation et le fonctionnement des régies dotées de la personnalité morale.
> « En se fondant sur ce faisceau d'indices pour juger que M. B... avait contribué activement et consciemment à la revalorisation irrégulière de sa rémunération, la cour a suffisamment motivé son arrêt. »
Interprétations et citations légales
1. Code général des collectivités territoriales - Article L. 2221-10 : Cet article établit que les régies, établies par délibération du conseil municipal, doivent suivre une structure administrativement et financièrement autonome, gérée par un conseil d'administration et un directeur.
2. Code général des collectivités territoriales - Article R. 2221-18 : Cet article stipule que le conseil d'administration délibère sur toutes les questions pertinentes au fonctionnement de la régie. Cela souligne l'importance d'une gouvernance appropriée pour la légalité des actes pris au sein de la régie.
La cour a rappelé que l’arrêté du 31 mars 2006 accordant une augmentation à M. B... ne respectait pas les procédures garanties par ces articles, ce qui l’a rendu illégal et, par conséquent, n’a pas créé de droits pour l’intéressé.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Le Conseil d'État a rejeté les conclusions de M. B... visant à obtenir une réparation financière sur la base de cet article, soulignant qu'il n'y avait pas lieu d’imposer des frais à la régie du port de Royan, compte tenu des circonstances de l'affaire.
En somme, le rejet du pourvoi de M. B... s’appuie sur une analyse juridique rigoureuse des rôles et des responsabilités des acteurs impliqués, ainsi que sur l'application des textes législatifs régissant les régies communales.