Résumé de la décision
M. B..., ancien directeur général des services de la commune de Royan et directeur de la régie du centre équestre de Royan, a contesté des titres exécutoires visant à recouvrer des indemnités jugées indument perçues pendant les années 2006, 2007 et 2008. Le tribunal administratif a annulé ces titres, mais la cour administrative d'appel de Bordeaux a inversé cette décision, concluant que M. B... avait personnellement et consciemment participé à la décision de revalorisation illégale de sa rémunération. M. B... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État, qui a finalement rejeté son pourvoi.
Arguments pertinents
1. Sur la connaissance de l’illégalité : La cour a jugé que M. B..., du fait de ses fonctions, ne pouvait ignorer l'illégalité de l'arrêté qui accorde une augmentation de son salaire. La décision a pris en compte que cet arrêté avait été pris à l'insu du conseil d'administration et sans transmission au contrôle de légalité, ce qui démontre sa responsabilité dans la situation.
- Citation : "M. B..., eu égard aux fonctions qu'il exerçait tant au sein de la commune de Royan qu'au sein même de la régie, ne pouvait ignorer le caractère illégal de l'avantage financier consenti à son profit."
2. Sur l’autonomie de la régie : La cour a aussi souligné que la régie du centre équestre était dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, ce qui implique des responsabilités spécifiques pour son directeur.
- Citation : "La régie du centre équestre de Royan était dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière et gérait un service public industriel et commercial."
3. Sur la fraude : La cour a déterminé que des manœuvres frauduleuses avaient été commises, conduisant ainsi à la nullité de l’arrêté revalorisant la rémunération.
- Citation : "L'arrêté revalorisant sa rémunération, ainsi obtenu par fraude, n'avait pu créer des droits à son profit."
Interprétations et citations légales
1. Code général des collectivités territoriales - Article L. 2221-10 : Cet article établit que les régies dotées de la personnalité morale sont administrées par un conseil d'administration et un directeur, ce qui évoque les responsabilités de M. B... dans la gestion de la régie.
2. Code général des collectivités territoriales - Article R. 2221-18 : Cet article précise que le conseil d'administration délibère sur les questions d'intérêt pour le fonctionnement de la régie, soulignant que les décisions de rémunération doivent être prises en conformité avec ce cadre, un fait que la cour a pris en compte.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : La cour a également considéré les dépenses engagées par M. B... dans sa contestation, en rejetant ses demandes de remboursement de frais.
En somme, le Conseil d'État a jugé que M. B... a contribué à la revalorisation irrégulière de sa rémunération, a agi de manière frauduleuse et n'a pas été en mesure de remettre en question la décision de la cour administrative d'appel, confirmant ainsi les responsabilités légales et la procédure ayant conduit à l'annulation des titres exécutoires.