Résumé de la décision
Par une décision n° 401314 du 18 décembre 2017, le Conseil d'État a annulé partiellement un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon concernant les demandes indemnitaires de M. A... au titre des pertes de gains professionnels et d'autres préjudices. Il a renvoyé l'affaire à la cour pour réexamen tout en rejetant le surplus des conclusions de M. A... et le pourvoi incident de la ministre des solidarités et de la santé. M. A... a ensuite introduit un recours en rectification d'erreur matérielle, affirmant que le Conseil d'État avait omis de traiter un argument sur l'évaluation de ses pertes de gains futurs. Ce recours a été rejeté, le Conseil d'État considérant que la contestation soulevée relevait d'une appréciation juridique.
Arguments pertinents
1. Portée du recours en rectification d'erreur matérielle : Selon l'article R. 833-1 du code de justice administrative, "lorsqu'une décision ... est entachée d'une erreur matérielle ... la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification." Ce texte définit strictement le cadre dans lequel un recours peut être formulé, limitant son application aux erreurs de caractère matériel.
2. Erreur de nature matérielle : Le Conseil d'État établit que l'absence de réponse à un moyen peut constituer une erreur matérielle, mais il précise que cette regra peut être révisée uniquement si elle n'implique pas un jugement sur des considérations juridiques. Il conclut que le cas présent relève d'une appréciation juridique plutôt que d'une omission technique.
3. Évaluation des pertes de gains professionnels : M. A... conteste l'évaluation de ses pertes de gains professionnels futurs, affirmant que le Conseil d'État avait évalué ces pertes de façon erronée. Toutefois, le Conseil d'État déclare que la contestation ne relèvant pas d'une erreur matérielle, mais d'une interprétation juridique, le recours en rectification est irrecevable.
Interprétations et citations légales
- Code de justice administrative - Article R. 833-1 : Cet article est fondamental car il établit le cadre légal pour les recours en rectification. Le Conseil d'État a précisé que "le recours en rectification d'erreur matérielle n'est ainsi ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel qui ne sont pas imputables aux parties et qui ont pu avoir une influence sur le sens de la décision."
- Définition des erreurs matérielles : Le Conseil d'État interprète l'idée d'erreur matérielle comme limitée aux fautes non impliquant une évaluation des preuves ou des allégations juridiques complexes. Ainsi, l'absence de réponse à un élément peut être rectifiée, mais seulement si cela n'engage pas une évaluation argumentée des faits.
Cette décision illustre bien la rigueur de la juridiction administrative en matière de recours, protégeant ainsi l'intégrité de ses jugements contre des contestations qui pourraient être considérées comme étant de nature juridique plutôt que matérielle.