Résumé de la décision
Les requérants, M. et Mme A..., ont présenté un pourvoi en cassation contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy concernant des redressements fiscaux. Ils ont contesté l'imposition de plusieurs sommes, soutenant des erreurs de droit et des insuffisances de motivation dans la décision de la cour. Le Conseil d'État a décidé d'admettre leur pourvoi uniquement en ce qui concerne les pénalités appliquées à certaines sommes considérées comme revenus de capitaux mobiliers (350 000, 126 930, 990 000, 514 729 et 528 193 euros) mais n'a pas admis le surplus des conclusions.
Arguments pertinents
1. Erreurs de droit commises par la cour administrative d'appel :
- Les requérants argumentent que la cour a fait une erreur de droit en jugeant prématurée leur demande de rencontrer le supérieur hiérarchique du vérificateur, ce qui est essentiel dans le cadre de la procédure fiscale.
- Ils soutiennent que l'arrêt a insuffisamment motivé sa décision concernant des sommes imposées comme traitements et salaires, particulièrement en ce qui concerne les avances réputées non justifiées liées à la société Lorraine Services.
2. Omissions et dénaturations :
- Les requérants évoquent des omissions de la part de la cour en ce qui concerne les pénalités relatives aux sommes soumises à un redressement fiscal, indiquant que ces aspects n'ont pas été examinés adéquatement.
- Ils soulignent également que l'arrêt a dénaturé leurs écritures, ce qui a eu un impact sur la décision finale.
3. Admissibilité du pourvoi :
- Le Conseil d'État a retenu que, eu égard aux mérites des moyens soulevés, le pourvoi devait être admis pour ce qui concerne les pénalités appliquées aux sommes impositives comme revenus de capitaux mobiliers, tandis que le surplus n'apporte pas d'éléments justifiant l'admission.
Interprétations et citations légales
- La décision du Conseil d'État se base partiellement sur le Code de justice administrative - Article L. 822-1, qui stipule que "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission." Ceci établit le cadre dans lequel le Conseil d'État évalue la recevabilité des pourvois.
- Les requérants invoquent aussi l'importance de la motivations des décisions administratives, se référant à la jurisprudence qui exige qu'elles soient claires et précises pour garantir le droit à un recours effectif. Selon leur avis, l'insuffisance de la motivation constitue une erreur de droit, renforçant ainsi leur position.
- Le Conseil d'État examine si les éléments évoqués par les requérants sont suffisamment sérieux pour justifier l'admission de leur pourvoi, conformément à l’article L. 822-1 susmentionné. Cependant, il conclut que les arguments relatifs aux autres redressements et pénalités n'apportent pas de fondement solide, ne justifiant pas ce surplus de pourvoi.
En somme, cette décision met en lumière l'importance de la rigueur dans la motivation des actes administratifs et la nécessité pour la cour d'appel de considérer chaque argument énoncé par les requérants, tout en délimitant le champ d’application des erreurs de droit dans le cadre des redressements fiscaux.