Résumé de la décision
La décision concerne le licenciement de Mme B..., une salariée protégée, par la société Newplast Joint GE Barthélémy. Le ministre du Travail avait autorisé ce licenciement, mais le tribunal administratif de Melun a annulé cette décision, jugement que la cour administrative d'appel de Paris a confirmé. La société a alors formé un pourvoi en cassation. Le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour d'appel, considérant qu'elle avait commis une erreur de droit en ne tenant pas compte de l'absence d'interrogation préalable de la salariée sur son intérêt pour des offres de reclassement à l'étranger. L'affaire est renvoyée devant la cour d'appel pour un nouvel examen.
Arguments pertinents
1. Protection des salariés représentatifs: Le licenciement des salariés bénéficiant de la protection dans l'intérêt des travailleurs doit respecter des conditions spécifiques. L'article L. 1233-4-1 du Code du travail indique que "le licenciement [...] ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail". Le Conseil d'État souligne que, dans le cadre d'un licenciement économique, il est impératif de vérifier la réalité de la situation économique de l'entreprise et la possibilité de reclassement du salarié (paragraphe 2).
2. Obligation de reclassement: Il est stipulé que l'employeur doit interroger le salarié sur l'acceptation d'offres de reclassement hors du territoire national. Le Conseil d'État rappelle que "l'absence de réponse vaut refus" (article L. 1233-4-1). En cas d'omission de cette démarche par l'employeur, il est tenu de procéder à une recherche de reclassement en considérant que le salarié est réputé avoir accepté de recevoir toute proposition.
3. Erreur de droit dans l'évaluation du sérieux de la recherche de reclassement: Le Conseil d'État note que l'arrêt de la cour administrative d'appel a été fondé uniquement sur le fait que l'employeur n'avait pas interrogé la salariée, omettant d'examiner si les recherches avaient été menées dans l'esprit de l'article susmentionné, ce qui constitue une erreur de droit (paragraphe 4).
Interprétations et citations légales
L'arrêt du Conseil d'État s'appuie sur plusieurs éléments juridiques, notamment :
- Code du travail - Article L. 1233-4-1: Ce texte impose à l'employeur d'interroger le salarié avant de procéder à un licenciement économique pour savoir s'il accepte des offres de reclassement à l'étranger. Cette disposition vise à garantir un traitement équitable des salariés protégés.
- Contrôle du juge de l'excès de pouvoir: Le Conseil d'État rappelle le rôle des autorités administratives dans l'évaluation des situations de licenciement et des possibilités de reclassement. La recherche de reclassement doit être sérieuse et prendre en compte la situation particulière du salarié.
En conclusion, le Conseil d'État annule l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris en raison d'une erreur de droit dans l'évaluation des obligations de l'employeur en matière de reclassement, soulignant ainsi l'importance de protéger les droits des salariés protégés dans le cadre de licenciements.