Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. A... a formé un pourvoi devant le Conseil d'État contre une décision rendue le 22 décembre 2017 par la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des médecins, qui avait prononcé des sanctions à son encontre en raison de manquements dans l'exercice de ses fonctions. Il demande l'annulation de cette décision, ainsi que le sursis à son exécution. Le Conseil d'État a considéré que le pourvoi de M. A... n'était pas admissible, les moyens soulevés ne permettant pas d'entamer une procédure d'admission. En conséquence, les conclusions de M. A... concernant le sursis à exécution sont devenues sans objet.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité du pourvoi : Le Conseil d'État souligne que le pourvoi de M. A... ne remplit pas les conditions d'admission, car les arguments avancés ne reposent pas sur des moyens sérieux. Selon l'article L. 822-1 du code de justice administrative, "l'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux".
2. Critères d'appréciation : M. A... fait plusieurs reproches à la décision de la chambre disciplinaire, incluant l'insuffisance de motivation, la dénaturation des pièces du dossier et l'inexacte qualification des faits. Cependant, le Conseil d'État estime que ces moyens ne suffisent pas à démontrer un mécontentement qui pourrait porter atteinte à la décision contestée.
3. Absence d'objet des conclusions de sursis : Étant donné que le pourvoi n'est pas admis, le Conseil d'État conclut que les demandes de sursis à l'exécution de la décision contestée de M. A... perdent leur pertinence.
Interprétations et citations légales
- Article L. 822-1 du code de justice administrative : "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux." Ce texte souligne la nécessité de justifier un pourvoi par des arguments solides pour accéder à la phase cassatoire.
- Insuffisance de motivation : M. A... argue que la décision contestée souffrait d'une insuffisance de motivation, notamment parce qu'elle se basait sur des "résultats validés" sans les définir. Le Conseil d'État considère toutefois que cette critique sans fondement ne suffit pas à établir une argumentation solide.
- Évaluation des faits : La chambre disciplinaire a jugé que M. A... avait manqué à ses obligations professionnelles en exposant sa patiente à un risque injustifié, ce à quoi il répond en accusant une dénaturation des faits, mais le Conseil d'État conclut que l'évaluation des manquements ne peut pas être remise en cause sur ces bases.
Ces points illustrent la rigueur du contrôle du Conseil d'État sur les pourvois en matière disciplinaire et l'importance d'une argumentation bien fondée pour l'admission d'un recours.