Résumé de la décision
La cour administrative d'appel de Paris a rendu un arrêt le 27 mars 2017 rejetant l'appel de la société Newplast Joint GE Barthélémy, qui contestait l'annulation par le tribunal administratif de Melun de la décision du ministre du travail autorisant le licenciement de M. A..., un salarié protégé. La cour a jugé que la recherche de reclassement effectuée par la société n'avait pas revêtu un caractère sérieux, en se basant sur le fait que l'employeur n'avait pas interrogé M. A... sur son intérêt pour des offres de reclassement à l'étranger. La décision a été annulée par la suite, la cour ayant reconnu une erreur de droit quant à l’appréciation de la recherche de reclassement de l’employeur.
Arguments pertinents
1. Protection des salariés protégés : Le tribunal souligne que le licenciement des salariés investis de fonctions représentatives ne peut se faire que sur autorisation de l'inspecteur du travail, conformément à la législation en vigueur. L'article L. 1233-4-1 du Code du travail impose à l'employeur de demander l'avis du salarié sur sa volonté de recevoir des offres de reclassement hors du territoire national.
2. Erreurs de droit : La cour administrative d'appel a commis une erreur de droit en se basant uniquement sur l'absence de demande d'accord du salarié pour des postes à l'étranger, sans prendre en compte que, si cette demande avait été omise, l'employeur était tenu de considérer que le salarié était réputé avoir accepté les propositions à l'étranger. Cette incohérence dans l'application des dispositions légales a conduit à une décision fondamentalement erronée, permettant l'annulation de l'arrêt.
Interprétations et citations légales
1. Code du travail - Article L. 1233-4-1 : Cet article stipule que l'employeur doit interroger le salarié sur son acceptation à recevoir des offres de reclassement :
> "Lorsque l'entreprise ou le groupe auquel elle appartient est implanté hors du territoire national, l'employeur demande au salarié, préalablement au licenciement... L'absence de réponse vaut refus."
Cela souligne la nécessité d'impliquer le salarié dans le processus de reclassement et de respecter ses droits.
2. Droit d’interpréter les omissions : Au regard de l’intérêt du salarié protégé, en cas d’omission par l’employeur, celui-ci doit être interprété comme ayant accepté les offres de reclassement hors du territoire. Le jugement a ainsi mis en évidence que la seule omission relative à l’interrogation du salarié ne saurait, à elle seule, affecter la nature sérieuse de la recherche de reclassement.
Cette décision du Conseil d'État constitue un rappel de l'importance de respecter le cadre légal entourant le licenciement des salariés protégés et ce, dans un contexte où les enjeux de reclassement à l'international sont de plus en plus courants dans les entreprises. Les juridictions administratives doivent veiller à équilibrer la protection des travailleurs et les besoins des employeurs, en appliquant rigoureusement les textes de loi.