Résumé de la décision
La requête de l'union des ostéopathes animaliers et de M. A... visant à annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 19 avril 2017 du ministre de l'agriculture, ainsi que les décrets n° 2017-572 et n° 2017-573, a été rejetée. Les requérants soutenaient que ces textes réglementaires limitaient leur droit d'exercer des actes d'ostéopathie animale. Toutefois, le tribunal a estimé que ces dispositions étaient nécessaires pour encadrer une activité qui pouvait être considérée comme relevant de la médecine animale et qu'elles ne constituaient pas une atteinte disproportionnée à l'exercice de leur profession.
Arguments pertinents
1. Fondement juridique des décrets et de l'arrêté : Les dispositions de l'article L. 243-3 du code rural et de la pêche maritime visent à permettre à des non-vétérinaires d'effectuer certains actes d'ostéopathie animale, sous stricte réglementation. Le tribunal a noté que "l'accomplissement habituel de tels actes exposait les personnes qui les commettaient aux sanctions encourues en cas d'exercice illégal de la médecine des animaux."
2. Contrôle de l'ordre des vétérinaires : Il a été rappelé que le contrôle exercé par l'ordre des vétérinaires sur les compétences des praticiens d’ostéopathie animale est nécessaire pour assurer la sécurité juridique des actes réalisés. Le tribunal a affirmé que "la mission qui incombe à l'ordre des vétérinaires [...] résulte des termes mêmes des dispositions législatives", et que ce contrôle ne constituait pas une atteinte disproportionnée à la liberté d'exercer.
Interprétations et citations légales
L'interprétation de l'article L. 243-3 du code rural et de la pêche maritime est centrale dans cette décision. Les considérations juridiques s'articulent autour de la nécessité de réglementer une pratique qui, sans encadrement, pourrait entraîner des abus ou des erreurs préjudiciables :
- Code rural et de la pêche maritime - Article L. 243-3 : Cet article permet à des personnes n'appartenant pas à la profession vétérinaire de réaliser des actes d'ostéopathie animale, sous conditions de compétence et d'inscription sur une liste établie par l’ordre. Les requérants ont été jugés non fondés à revendiquer le droit de continuer à exercer leur activité sans ces conditions préalables.
Les interprétations clarifient aussi que les exigences réglementaires visent à protéger le public tout en permettant le développement de la pratique de l'ostéopathie animale, si celle-ci est exercée par des personnes qualifiées. Le tribunal a conclu que "les requérants ne peuvent utilement soutenir que les dispositions réglementaires qu'ils attaquent [...] portent une atteinte disproportionnée au libre exercice d'une activité professionnelle."
Ainsi, la décision souligne l'importance de l'encadrement légal dans des professions émergentes comme l'ostéopathie animale, fusionnant sécurité publique et droits des professionnels.