Résumé de la décision
Dans l'affaire enregistrée sous le n° 418670 et 419377, M. A... B... a formé un pourvoi contre la décision du 29 décembre 2017 de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes, après que sa demande d'appel contre une précédente décision ait été rejetée. M. C...A...B... a également sollicité un sursis à l'exécution de cette décision. Le Conseil d'État a annulé la décision de la chambre disciplinaire nationale en raison du non-avis de la note en délibéré fournie par M. A... B..., qui était postérieure à l'audience mais antérieure à la lecture de la décision. L'affaire a été renvoyée devant la même chambre pour nouvel examen.
Arguments pertinents
Le Conseil d'État a relevé plusieurs points clés :
1. Respect des règles d'instruction : Il a souligné que la chambre disciplinaire nationale, tout comme toute juridiction administrative, est tenue de respecter les règles concernant les productions postérieures à la clôture de l'instruction. Ces règles obligent la juridiction à prendre connaissance des documents soumis et à les viser. En l'espèce, la note en délibéré soumise par M. A... B... n'a pas été examinée ni visée dans la décision attaquée, ce qui constitue une irrégularité.
> "la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes est tenue de faire application, comme toute juridiction administrative, des règles générales relatives aux productions postérieures à la clôture de l'instruction."
2. Nullité de la décision : L'absence de prise en compte de cet élément a conduit à l'annulation de la décision, sans qu'il soit nécessaire d'examiner d'autres arguments présentés dans le pourvoi.
> "la décision de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes doit être annulée."
3. Conclusion sur le sursis à exécution : En conséquence, les demandes de sursis à exécution formulées par M. C... A... B... sont devenues sans objet, étant donné que la décision elle-même a été annulée.
Interprétations et citations légales
1. Règles d'instruction administrative : La décision s'appuie sur la nécessité d'appliquer les dispositions du code de justice administrative, qui régissent l'instruction administrative et obligent à un examen complet du dossier.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Ce texte prévoit la possibilité pour une partie dans un litige administratif de demander la prise en charge de ses frais par l'autre partie, ce qui est pertinent dans le contexte des demandes de M. A... B... et des demandes des commissions.
2. Preuve de bonne foi dans la procédure : L'arrêt renforce l'idée qu'une juridiction doit faire preuve de diligence dans l'examen des éléments produits par les parties, assurant ainsi un procès équitable.
Cette décision met en lumière l'importance des procédures administratives rigoureuses et le respect dû aux documents invoqués par les parties, car leur négligence peut entraîner des conséquences significatives, comme l'annulation de décisions.