Résumé de la décision
Dans cette décision, le Conseil d'État examine la légalité d'un décret du 31 mars 2015 modifiant les références au socle commun de connaissances, de compétences et de culture dans le cadre de l'instruction obligatoire pour les enfants instruits à domicile. L'association UNIE a contesté ce décret, arguant qu'il portait atteinte à la liberté d'enseignement et à l'égalité des élèves. Toutefois, le Conseil d'État a rejeté la requête de l'association, confirmant que les dispositions du décret étaient conformes aux exigences légales en matière d'instruction obligatoire.
Arguments pertinents
1. Liberté d'enseignement et droit à l'instruction :
Le Conseil d'État souligne que le décret en question, en rendant obligatoire l'acquisition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture pour les enfants instruits dans leur famille, ne saurait méconnaître le principe constitutionnel de la liberté d'enseignement. Selon le juge, "une telle obligation, qui vise à garantir un certain niveau d'instruction pour les enfants concernés, ne saurait méconnaître le droit à l'instruction reconnu par l'article 2 du premier protocole additionnel" à la Convention européenne des droits de l'homme.
2. Contrôle de l'instruction :
Le Conseil d'État remarque également que le décret ne prévoit pas de dispositions concernant le contrôle de l'instruction des enfants instruits à domicile, ce qui rend infondée l'argumentation de l'association UNIE selon laquelle le décret violerait la liberté d'enseignement ou le principe d'égalité entre les élèves.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'éducation - Article L. 122-1-1 :
Cet article établit que "la scolarité obligatoire doit garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun de connaissances, de compétences et de culture". Le décret du 31 mars 2015 s'appuie sur cette disposition pour définir le socle requis pour tous les élèves, y compris ceux instruits dans leur famille.
2. Code de l'éducation - Article L. 131-2 et L. 131-10 :
L'article L. 131-2 stipule que "l'instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles". De plus, l'article L. 131-10 précise que "pour les enfants dont l'instruction obligatoire est donnée dans leur famille, le contenu des connaissances requises est fixé par décret". Ces articles justifient la modification apportée par le décret pour garantir un socle de connaissances commun.
3. Code de l'éducation - Article D. 131-11 :
Selon cet article, le contenu des connaissances pour l'instruction à domicile doit respecter le socle défini par décret, permettant ainsi de stipuler que la référence au socle commun de connaissances et de compétences évolue vers celle du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, en conformité avec les changements législatifs.
En conclusion, la décision du Conseil d'État réaffirme que le cadre juridique en matière d'instruction garantissant un minimum de connaissances pour tous les enfants est conforme aux droits fondamentaux tout en veillant à la protection de l'intérêt général en matière éducative.