Résumé de la décision
Mme B..., infirmière anesthésiste au centre hospitalier départemental de Vendée, a demandé au tribunal administratif de Nantes la condamnation de cet établissement à lui verser une indemnité de 6 379,23 euros pour le préjudice lié à un paiement inapproprié de ses heures de garde. Le tribunal a rejeté sa demande par jugement du 20 décembre 2017. Mme B... a interjeté appel, et la cour a annulé le jugement, considérant notamment que le tribunal n'avait pas statué sur certains chefs de préjudice. De plus, elle a constaté que les périodes de garde de Mme B... constituaient un temps de travail effectif en raison des obligations imposées par son employeur. En conséquence, la cour a renvoyé l'affaire devant le tribunal administratif et a condamné le centre hospitalier à verser 500 euros à Mme B... au titre des frais de justice.Arguments pertinents
1. Inexactitude du jugement initial : La cour a souligné que le tribunal administratif avait entaché son jugement d'irrégularité en n'examinant pas le chef de préjudice relatif à la majoration des heures supplémentaires. "En s'abstenant de statuer sur ce chef de préjudice, le tribunal a entaché son jugement d'irrégularité."2. Qualification du temps de travail : L’arrêt a clarifié que le temps passé en astreinte, dans le cas présent, ne pouvait pas être considéré comme du temps libre, car le personnel devait être en mesure d'intervenir. "Par suite, le tribunal administratif a inexactement qualifié les faits qui lui étaient soumis…"
3. Obligations des agents pendant les gardes : La cour a précisé que les infirmiers étaient sous l'obligation d’être disponibles durant leurs périodes de garde au moyen d’un récepteur téléphonique, ce qui les empêchait de vaquer librement à des occupations personnelles. Cette contrainte modifie la nature de leur temps de travail. "La seule circonstance que l'employeur mette à la disposition des agents un logement… n'implique pas que le temps durant lequel un agent bénéficie de cette convenance soit requalifié en temps de travail effectif…"
Interprétations et citations légales
1. Temps de travail effectif : Le décret n°2002-9 du 4 janvier 2002 définit le "temps de travail effectif" comme le temps durant lequel les agents doivent se conformer aux directives de leur employeur. Cet article est crucial pour comprendre ce que la cour a interprété comme une contrainte de disponibilité, engendrant des conséquences sur le statut des heures de garde.- Décret n°2002-9 - Article 5 : "La durée du travail effectif... le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur..."
2. Période d'astreinte : La définition de la "période d'astreinte" du même décret met en lumière les attentes et obligations des agents en matière d'intervention.
- Décret n°2002-9 - Article 20 : "Cette période d'astreinte... a l'obligation d'être en mesure d'intervenir..."
3. Indemnisation : L’article L. 761-1 du Code de justice administrative stipule les conditions de prise en charge des frais par la partie perdante, ce qui a conduit à la condamnation du centre hospitalier à verser une indemnité à Mme B....
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : "Les frais exposés par les parties… peuvent être remboursés par la partie perdante."
Cette analyse met en lumière la manière dont la cour a appliqué le droit au cas de Mme B..., en clarifiant les obligations imposées lors des gardes et confirmant le droit à une indemnisation appropriée pour les heures travaillées.