Résumé de la décision
M. B..., ouvrier au centre hospitalier intercommunal de Fréjus-Saint-Raphaël, a été révoqué de son emploi et a vu la fin de la concession de son logement à la suite de poursuites disciplinaires pour injures et menaces. Son recours devant le juge des référés du tribunal administratif a été rejeté. M. B... a demandé l’annulation de cette ordonnance. Le Conseil d’Etat a annulé l’ordonnance du 9 avril 2019, a suspendu les décisions de révocation et de mise fin à la concession de logement jusqu'à décision du tribunal administratif sur le fond, et a imposé au centre hospitalier le versement de 1 500 euros à M. B... et de 3 000 euros à son avocat.Arguments pertinents
1. Urgence et ressources : Le Conseil d’Etat a relevé que le rejet initial du juge des référés ne tenait pas compte de l’urgence créée par la privation immédiate de ressources et de logement. L’ordonnance a dénaturé les pièces du dossier en concluant à l'absence d'urgence malgré la situation de M. B... : « […] les décisions contestées entraînent pour M. B... la privation simultanée de la totalité de ses ressources et de son logement de service. »2. Doute sur la légalité de la sanction : La légalité de la sanction était mise en question. Le Conseil d’Etat a estimé que le moyen soutenant que la sanction était disproportionnée par rapport à la faute commise pouvait « créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. » Ce raisonnement a conduit à la suspension immédiate des décisions du directeur.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que « le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision [...] lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » Cela illustre la nécessité de prouver à la fois une situation d’urgence et un doute sérieux sur la légalité pour obtenir la suspension.2. Application de l'article L. 821-2 du code de justice administrative : Le Conseil d'Etat, dans sa décision, a appliqué cet article pour régler l’affaire par ses propres moyens, indiquant son pouvoir d'intervention face à des décisions qui portent atteinte aux droits des administrés, en précisant qu'il « y a lieu, pour le Conseil d'Etat, de faire application des dispositions de l'article L. 821-2. »
3. Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 - Article 37 : Cet article est cité pour justifier le versement d'indemnités au titre des frais de l’instance, affirmant l’obligation de compensation pour les dépenses engagées lors de la procédure. Le montant attribué pour les frais de l’avocat et pour M. B... illustre le souci du Conseil d’Etat d’équilibrer les charges des litiges administratifs.
Ainsi, la décision du Conseil d’Etat illustre non seulement l’importance de l’urgence dans l’examen des recours ainsi que l’évaluation de la légalité des sanctions administratives, mais aussi la prise en compte des droits fondamentaux des agents publics face à des décisions pouvant être contestées.