Résumé de la décision :
M. B..., capitaine de la gendarmerie nationale, a contesté la décision du 22 septembre 2016 par laquelle le Président de la République a décidé de le radier des cadres pour des manquements disciplinaires. Le Conseil d'État a examiné la légalité externe et interne de cette décision. Il a conclu que la procédure suivie était conforme aux exigences légales et que les faits reprochés, notamment la consommation de drogues, étaient fondés. En conséquence, la requête de M. B... a été rejetée.
Arguments pertinents :
1. Légalité de la procédure : M. B... a soutenu que la décision de radiation était le résultat d'une procédure irrégulière dans la mesure où il n'avait pas pu avoir accès à la consignation de ses propos devant le conseil d'enquête. Cependant, le Conseil a écarté ce moyen, notant que les dispositions du Code de la défense (articles R. 4137-77 à R. 4137-92) ne présentaient pas une obligation d'accès à ces documents.
> "Aucune des dispositions relatives à la procédure devant le conseil d'enquête... ne prévoit une telle règle procédurale."
2. Éléments de preuve : M. B... contestait que sa consommation de codéine n'ait pas été mentionnée dans l'ordre d'envoi devant le conseil. Le Conseil a déterminé qu'il avait lui-même mentionné cette consommation et qu'elle pouvait être prise en compte, même si elle n'apparaissait pas dans l'ordre d'envoi.
> "Il ressort des pièces du dossier qu'il a lui-même évoqué cette consommation... ainsi le conseil d'enquête pouvait prendre en compte cette circonstance."
3. Engagement de la procédure disciplinaire : L'argument selon lequel la saisine du juge pénal aurait empêché l'engagement d'une procédure disciplinaire a également été rejeté. Le Conseil a précisé que ces deux voies peuvent être engagées indépendamment.
> "La saisine du juge pénal ne faisait pas obstacle à...une procédure disciplinaire."
4. Gravité des faits : En dernier lieu, le Conseil a affirmé que compte tenu des faits reprochés à M. B..., notamment ses manquements professionnels répétés, la sanction de radiation des cadres était proportionnée.
> "Compte tenu de la gravité des faits reprochés... le moyen tiré de ce que la décision... présenterait un caractère disproportionné ne peut qu'être écarté."
Interprétations et citations légales :
1. Code de la défense - Article L. 4137-1 : Cet article précise que les militaires peuvent faire l'objet de sanctions disciplinaires en cas de faute ou manquement.
> "Sans préjudice des sanctions pénales qu'ils peuvent entraîner, les fautes ou manquements commis par les militaires les exposent... à des sanctions disciplinaires prévues à l'article L. 4137-2."
2. Code de la défense - Article L. 4137-2 : La répartition des sanctions, incluant celle de la radiation, est clairement définie.
> "Les sanctions disciplinaires applicables aux militaires... sont... la radiation des cadres..."
3. Code de la défense - Article R. 4134-66 : Cet article stipule que l'ordre d'envoi doit mentionner les faits ayant conduit à la saisine du conseil d'enquête. Bien que M. B... ait cherché à établir l'irrégularité à cet égard, le Conseil a précisé que l'absence de mention n'était pas en contradiction avec la matérialité des faits.
> "L'ordre d'envoi devant le conseil d'enquête mentionne les faits à l'origine de la saisine du conseil."
Ainsi, le Conseil d'État a affirmé la légitimité de la décision de radiation et sa cohérence avec les règles disciplinaires, en concluant que M. B... n'était pas fondé à demander son annulation.