Résumé de la décision :
La décision concerne le retrait de points du permis de conduire de M. A... à la suite de trois infractions, entraînant une constatation de perte de validité de son permis par le ministre de l'intérieur. Un jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé les décisions de retrait et, par conséquent, celle de la perte de validité du permis. Le ministre a formé un pourvoi en cassation contre le rejet de cet appel par la cour administrative d'appel de Versailles. En conclusion, la Cour a annulé l'arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles en raison d'une erreur de droit dans l'appréciation de la recevabilité des réclamations de M. A.... L'affaire est renvoyée pour nouvel examen.Arguments pertinents :
1. Sur la preuve de la recevabilité des réclamations :- La Cour a souligné que, pour contester le retrait de points, M. A... devait établir que ses réclamations contre le titre exécutoire d’amende avaient été considérées comme recevables, entraînant l’annulation des titres. Elle a précisé : « il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a, par suite, entraîné l'annulation du titre. »
2. Erreur de droit de la cour administrative d'appel :
- La cour administrative d’appel a rejeté l’appel du ministre en ne prouvant pas la tardiveté des réclamations, sans rechercher si M. A... avait effectivement apporté la preuve de la recevabilité de ces réclamations : « En se bornant, pour rejeter l'appel du ministre de l'intérieur, à constater que celui-ci n'établissait pas la tardiveté des réclamations, la cour a commis une erreur de droit. »
Interprétations et citations légales :
- La décision s'appuie sur le Code de la route - Article L. 223-1, précisant que la « réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par (...) l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ». Ce texte impose que pour qu'une infraction soit reconnue, un titre exécutoire doit non seulement être émis mais également rester valide, ce qui peut être contesté par le biais de réclamations.- De plus, l’article 530 du Code de procédure pénale stipule qu’une réclamation contre un titre exécutoire « entraîne l'annulation du titre exécutoire », renforçant l'idée que la récépissé de cette réclamation, démontrant sa recevabilité, est essentiel pour contester le retrait de points.
Cette décision met ainsi en lumière l'importance de la procédure de contestation des titres exécutoire et les prérogatives du conducteur de prouver la validité de son argumentation devant la juridiction administrative.