Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM) a demandé l'annulation pour excès de pouvoir de l'ordonnance n° 2016-315 du 17 mars 2016 relative aux commissariats aux comptes, prise sur le fondement de l'habilitation donnée au gouvernement par la loi du 30 décembre 2014. Cependant, cette ordonnance a été ratifiée par la loi du 9 décembre 2016, ce qui a conduit le Conseil d'État à conclure qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête, considérant que l'ordonnance ne pouvait plus faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. En conséquence, les autres conclusions de la FNIM ont été rejetées.
Arguments pertinents
1. Cadre constitutionnel des ordonnances : La décision rappelle que l'article 38 de la Constitution permet au gouvernement d'adopter des ordonnances, qui acquièrent après ratification une valeur législative.
> "les ordonnances deviennent caduques si le projet de loi de ratification n'est pas déposé devant le Parlement avant la date fixée par la loi d'habilitation".
2. Effets de la ratification : Une fois ratifiée, l'ordonnance ne peut plus faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Ainsi, le Conseil d'État a déclaré que, après la ratification de l'ordonnance du 17 mars 2016 par la loi du 9 décembre 2016, celle-ci ne pouvait plus être contestée.
> "la légalité d'une ordonnance ne peut plus, en principe, être utilement contestée devant la juridiction administrative".
Interprétations et citations légales
Interprétation du cadre législatif et des fonctions gouvernementales :
- L’article 38 de la Constitution encadre soigneusement le pouvoir d'ordonnance du gouvernement. Il précise les conditions sous lesquelles ces ordonnances peuvent être adoptées et les conséquences de leur ratification par le Parlement, garantissant ainsi un équilibre entre l'exécutif et le législatif. La possibilité d'un recours pour excès de pouvoir est donc explicitement limitée post-ratification.
Citations légales :
- Constitution - Article 38 : Cet article constitue le fondement juridique permettant au gouvernement d'agir par ordonnances en précisant que celles-ci acquièrent une valeur législative après ratification.
> "Les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis du Conseil d'Etat".
- Loi n° 2014-1662 du 30 décembre 2014 : Cette loi autorise le gouvernement à prendre diverses mesures, y compris celles nécessaires à la transposition de directives européennes, ce qui démontre l’importance de la législation européenne dans le droit national.
> "autorisant le gouvernement, à prendre par voie d'ordonnance les mesures relevant du domaine de la loi".
Dans l'analyse, il ressort que les décisions du Conseil d'État s'ancrent solidement dans le respect des prérogatives gouvernementales et celles du législateur, dans une démarche de conformité avec les normes européennes et les principes de la Constitution.