Résumé de la décision
La cour administrative d'appel de Nantes a annulé un arrêté préfectoral autorisant l'exploitation de onze aérogénérateurs par la société Futures Energies Mayenne, suite à un pourvoi en cassation de M. et Mme N... et autres. La cour a constaté une erreur de droit dans l'évaluation de la conformité de l'avis environnemental, car l'avis avait été préparé par la même direction régionale qui avait instruit la demande d'autorisation, ce qui contrevient aux exigences d'autonomie stipulées par les directives européennes. L'État a été condamné à verser 3 000 euros aux requérants au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit sur l'avis environnemental : La cour a statué que, même si l'avis de l'autorité environnementale devait être émis par le préfet de région, sa préparation par la même direction qui avait instruit la demande d'autorisation constitue une violation des exigences de la directive 2011/92/UE concernant l'impératif d'autonomie réelle de l'entité administrative.
> "La même direction régionale de l'environnement... a à la fois instruit la demande d'autorisation et préparé l'avis de l'autorité environnementale."
2. Conformité aux directives européennes : L'arrêt met en exergue que pour répondre aux exigences des directives européennes, il est impératif que l'autorité consultée ait une séparation fonctionnelle et dispose de moyens propres, permettant une évaluation objective du projet.
> "Les exigences de la directive... impliquent notamment qu'elle soit pourvue de moyens administratifs et humains qui lui soient propres."
Interprétations et citations légales
1. Directive 2011/92/UE - Article 6 : Cette directive impose que l'autorité environnementale émette un avis sur les projets ayant des incidences notables sur l'environnement avant leur approbation. La cour interprète cet article pour exiger une séparation fonctionnelle au sein des autorités administratives.
> "Les exigences de l'article 6 de la directive du 13 décembre 2011... imposent cependant que... une séparation fonctionnelle soit organisée au sein de cette autorité."
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article prévoit la possibilité pour les juges d'accorder des frais de justice à la partie gagnante. Dans cette affaire, la somme accordée de 3 000 euros à M. et Mme N... témoigne de cette application.
> "Il y a lieu... de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros à verser à M. et Mme N... et autres."
3. Conformité avec la jurisprudence européenne : La décision rappelle aussi une jurisprudence antérieure, notamment l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne dans l'affaire C-474/10, qui souligne l'importance de la séparation des fonctions dans l'évaluation des incidences environnementales.
> "Eu égard à l'interprétation de l'article 6 de la directive du 27 juin 2001 donnée par la Cour de justice de l'Union européenne..."
Conclusion
L'arrêt rendu par la cour administrative d'appel de Nantes souligne les impératifs légaux relatifs à l'autonomie des autorités environnementales dans le cadre d'évaluations d'impact sur l'environnement. L'erreur de droit constatée a conduit à l'annulation de l'arrêté préfectoral, mettant en lumière l'importance cruciale du respect des directives européennes en matière d'évaluation environnementale, ainsi que le droit des citoyens à un recours effectif.