Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant M. B... à la chambre de commerce et d'industrie des Pays de la Loire (CCI), M. B..., agent de la CCI depuis 1990, a été licencié pour inaptitude physique en 2014 après avoir été en arrêt de travail et en temps partiel depuis 2010. La CCI lui a versé une indemnité de licenciement, mais M. B... a contesté ce montant, demandant une augmentation substantielle. Le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande, mais la cour administrative d'appel de Nantes a annulé ce jugement et condamné la CCI à verser à M. B... une indemnité plus élevée. La CCI s’est pourvue en cassation, demandant l’annulation de cet arrêt.
Le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour d'appel, jugeant que M. B... ne remplissait plus les conditions statutaires requises pour continuer à bénéficier du statut des agents titulaires, compte tenu de son temps de travail réduit. Le Conseil d'État a également rejeté les demandes de M. B... et a décidé que ses conclusions à l'égard des frais de justice n'étaient pas fondées.
Arguments pertinents
1. Conditions de Statut : La décision souligne que M. B..., en raison de son passage à un service à temps partiel inférieur à la moitié de la durée hebdomadaire d’un agent à temps complet, ne remplissait plus les conditions pour être considéré comme un agent titulaire selon l'article 1er du statut du personnel des chambres de commerce et d'industrie.
> "Il ressort des énonciations de l'arrêt attaqué que M. B... accomplissant un service à temps partiel inférieur à la moitié de la durée hebdomadaire du travail d'un agent à temps complet depuis le 1er juin 2010, il ne remplissait plus les conditions posées par le statut..."
2. Indemnité de Licenciement : Le Conseil d'État a statué que, même si la CCI avait maintenu verbalement l'emploi de M. B...., cela ne lui conférait pas les droits d’un agent titulaire lorsqu’il ne remplissait plus les conditions nécessaires.
> "La cour administrative d'appel de Nantes a néanmoins jugé que M. B... aurait dû percevoir une indemnité de licenciement calculée sur la base de la rémunération à temps complet en application des dispositions précitées de l'article 26 B du statut… alors que la chambre ne pouvait légalement accorder à M. B... le bénéfice du statut…"
3. Rejet des Conclusions : Le Conseil d'État a également rejeté toute demande de M. B... relative aux frais de justice, étant donné que la CCI était la partie gagnante dans cette affaire.
> "Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la CCI des Pays de la Loire qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante."
Interprétations et citations légales
1. Statut du Personnel Administratif : L'article 1er du statut, approuvé par l'arrêté du 25 juillet 1997, stipule les conditions d'application du statut aux agents:
> "Le présent statut s'applique de plein droit à l'ensemble des agents ayant la qualité d'agent de droit public et qui occupent un emploi permanent à temps complet […] à condition que ces agents accomplissent un service au moins égal à la moitié de la durée hebdomadaire du travail d'un agent à temps complet."
2. Indemnités de Licenciement : L'article 26 B précise que le calcul de l'indemnité de licenciement doit se faire sur la base de la rémunération à temps complet, mais uniquement pour ceux qui remplissent les critères de titulaire:
> "Dans le cas où un agent exerçant un service à temps partiel cesserait ses fonctions […] le calcul de l'indemnité de licenciement s'effectuera sur la base de la rémunération à temps complet."
3. Code de Justice Administrative : L'article L. 761-1 stipule les conditions de prise en charge des frais de justice :
> "La perte ou le gain de l'instance, selon que l'une ou l'autre des parties a eu gain de cause, détermine s'il y a lieu de condamner la partie perdante à payer une somme à l'autre partie."
Cette décision illustre comment le respect des conditions statutaires est déterminant dans les affaires d'indemnité de licenciement des agents publics, et qu'une simple assurance verbale ne suffit