Résumé de la décision
Dans cette affaire, le Conseil d'État a été saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité concernant les articles L. 561-41 et L. 561-42 du code monétaire et financier. La société Barnes et M. A...B... avaient contesté la légitimité de ces dispositions en invoquant leur atteinte aux droits garantis par la Constitution, notamment le principe d'impartialité des juridictions. Le Conseil d'État a jugé que ces articles étaient applicables au litige et n'avaient pas encore été déclarés conformes à la Constitution, ce qui a conduit à la décision de renvoyer la question au Conseil constitutionnel pour évaluation. En attendant, le Conseil d'État a suspendu son jugement sur le pourvoi du ministre de l'économie et des finances jusqu'à ce que le Conseil constitutionnel prenne une décision.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision reposent sur la relation entre les articles contestés et la Constitution. En effet, le Conseil d'État a noté que "le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé […] à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'Etat." Il a également constaté que les articles L. 561-41 et L. 561-42 du code monétaire et financier, tout en étant applicables à la situation, n'avaient pas été déclarés conformes à la Constitution. Ce constat a soulevé une question sérieuse relative au principe constitutionnel d'impartialité, justifiant ainsi le renvoi au Conseil constitutionnel.
Interprétations et citations légales
La décision s’appuie sur des articles spécifiques du code monétaire et financier, détaillés comme suit :
- Code monétaire et financier - Article L. 561-41 : Cet article stipule que "La Commission nationale des sanctions reçoit les rapports établis à la suite des contrôles effectués par les autorités administratives” et impose une notification des griefs à la personne concernée. Cela établit déjà des responsabilités claires entre les différentes parties impliquées.
- Code monétaire et financier - Article L. 561-42 : L'article précise que "La Commission nationale des sanctions statue par décision motivée, hors la présence du rapporteur de l'affaire" et souligne l'importance d'entendre la personne concernée avant toute sanction. Cela soulève des préoccupations sur l’impartialité, en ce sens que le même organe est responsable à la fois de l'instruction et de la décision, ce qui pourrait compromettre l'équilibre nécessaire à une juste administration de la justice.
En conclusion, le Conseil d'État a reconnu la complexité de ces articles dans le cadre du droit constitutionnel, en indiquant que la question de leur conformité mérite l'examen du Conseil constitutionnel, ce qui met en lumière l'interaction entre la législation administratives et les droits fondamentaux garantis par la Constitution.