Résumé de la décision
La décision concerne une demande d'annulation d'une ordonnance du tribunal administratif de Bordeaux qui avait rejeté une demande de suspension d'une décision préfectorale. Cette décision préfectorale, datée du 21 novembre 2017, avait refusé le regroupement familial pour la fille de Mme A..., au motif que celle-ci ne justifiait pas de ressources suffisantes. La Cour a annulé l'ordonnance du tribunal administratif, constatant une insuffisance de motivation sur des moyens juridiques invoqués et a rejeté la demande de suspension, déclarant que l'urgence n'était pas établie.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation : La Cour a souligné que l'ordonnance ne contenait pas d'analyse des moyens soulevés par Mme A..., en particulier ceux liés à la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Selon le juge des référés, il est de la responsabilité de fournir une analyse de ces moyens pour garantir un contrôle efficace par la Cour de cassation.
> "Ces moyens ne sont analysés ni dans les visas ni dans les motifs de l'ordonnance ; que celle-ci est par suite entachée d'insuffisance de motivation."
2. Absence d'urgence : La Cour a également précisé que Mme A... n'a pas réussi à démontrer l'urgence nécessaire pour justifier la suspension de la décision préfectorale. En effet, la fille de Mme A..., ayant été confiée à sa grand-mère à Madagascar, ne se trouvait pas dans une situation d'urgence avérée.
> "Il n'est pas établi que la grand-mère de l'enfant ne serait plus en mesure d'assumer la responsabilité de sa garde."
Interprétations et citations légales
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner la suspension d'une décision administrative lorsque l'urgence est justifiée et qu'un doute sérieux quant à la légalité de la décision est émis. L'absence de preuves d'urgence a conduit au rejet de la demande de suspension.
> "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation... le juge des référés... peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie..."
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 411-5 : Cet article encadre les motifs de refus de regroupement familial, affirmant qu'un refus ne peut être fondé que sur des critères précis. Dans ce cas, le refus était justifié par le fait que les ressources de la famille étaient insuffisantes, mais la Cour a détaillé que le rejet de la demande de regroupement familial pour des motifs techniques ne pouvait être évalué indépendamment des droits fondamentaux de l'enfant.
> "Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes...".
En conclusion, la décision a mis en lumière les exigences de motivation des ordonnances judiciaires ainsi que l'importance de l'urgence dans les demandes de suspension, tout en abordant les droits de la famille dans un cadre administratif spécifique.