Résumé de la décision
Dans cette décision, le Conseil d'État juge le pourvoi de M. A... contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille. M. A... conteste cet arrêt pour divers motifs, dont l'absence de réponse à ses critiques et des erreurs de droit, notamment en ce qui concerne la responsabilité de l'État au regard des lois. Le Conseil d’État n’accède pas à la demande de renvoi d'une question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel et rejette le pourvoi, déclarant que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas suffisamment sérieux pour justifier l'admission du pourvoi.
Arguments pertinents
1. Question Prioritaire de Constitutionnalité : Le Conseil d'État souligne que la disposition juridique contestée, relative à la composition du Conseil d'État, n'est pas applicable au litige. Selon l'article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, une question ne peut être renvoyée au Conseil constitutionnel que si elle est applicable à l'affaire en cours. Le Conseil conclut que :
> "Ces dispositions, qui sont relatives à la composition du Conseil d'Etat, ne peuvent être regardées comme applicables au litige."
2. Rejet des moyens soulevés par M. A... : Le Conseil d'État examine plusieurs arguments de M. A... sur l'éventuelle responsabilité de l'État et l'insuffisance de motivation de l'arrêt contesté. Il conclut que ces moyens ne sont pas de nature à justifier l'admission du pourvoi.
> "Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi."
Interprétations et citations légales
- Article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 : Cet article régit la possibilité pour le Conseil d'État de transmettre des questions au Conseil constitutionnel. Il stipule que la question doit être à la fois applicable au litige et nouvelle ou d'un caractère sérieux. La décision souligne que la disposition contestée ne remplit pas ces critères :
> "Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé, [...] à condition que la disposition contestée soit applicable au litige."
- Article L. 121-4 du code de justice administrative : Le Conseil d'État évoque également ce texte pour justifier l'absence de renvoi au Conseil constitutionnel, en soulignant que les dispositions de nominations des conseillers d'État ne sont pas pertinentes pour le litige.
- Principes de protection juridictionnelle : Le Conseil d'État reconnaît l'importance de ne pas méconnaître les principes de protection juridictionnelle effective, mais conclut que, dans les circonstances présentes, il n'y a pas de nécessité de renvoi à la Cour de justice de l'Union européenne :
> "...sans méconnaître les principes de protection juridictionnelle effective, de primauté du droit communautaire..."
Conclusion
Le Conseil d'État confirme la décision de la cour administrative d'appel de Marseille, rejetant les arguments soulevés par M. A..., tant en ce qui concerne la question prioritaire de constitutionnalité que sur le fond du pourvoi. Cette décision souligne l'importance des critères stricts imposés par le droit dans le traitement des questions de constitutionnalité et la rigueur avec laquelle le Conseil d'État doit envisager les appels au regard des dispositions légales en matière de justice administrative.